« Le modèle agricole breton lamine et écrase »

2 octobre 2009

Thierry Thomas, de la Confédération paysanne, estime qu’il n’y a qu’un vrai remède contre les algues vertes : changer.

« Le modèle agricole breton, basé sur une production de masse vendue à bas prix est à bout de souffle, il ne correspond plus à aucun critère de durabilité au plan social, économique et environnemental », souligne Thierry Thomas, responsable régional du dossier environnement à la Confédération paysanne.

Le syndicaliste comprend « l’exaspération des associations de protection de l’environnement face au problème des algues vertes » mais rappelle la responsabilité collective de la société face à l’afflux des nitrates. « C’est elle qui a demandé aux agriculteurs de produire des denrées à bas prix, les maires ont délivré les permis de construire pour les élevages et les préfets les arrêtés d’exploitation. Les paysans ont leur part de responsabilité mais pas toute la responsabilité. »

Un appel aux citoyens

Thierry Thomas parle d’un modèle agricole breton « qui lamine et écrase. 17 000 emplois de chefs d’exploitation, d’aide familial ou de conjoint d’exploitant ont disparu entre 2002 et 2 007. On compte une seule installation pour cinq départs. Notre secteur est un de ceux qui rémunèrent le plus mal en France. Avec 12 000 € de revenu moyen par actif, c’est moitié moins que le revenu médian français. Les salariés de l’agroalimentaire sont aussi parmi les plus mal payés. »

En matière de l’environnement « même si des progrès ont été faits, les résultats ne sont pas à la hauteur en matière de taux de nitrates et de marée verte. On continue en particulier à surfertiliser avec des engrais organiques les parcelles de maïs. »

Thierry Thomas en appelle aux paysans pour qu’ils prennent à bras-le-corps le combat pour la reconquête de la qualité de l’eau « sinon la réglementation continuera à se durcir et on va tous souffrir. » Il en appelle aussi aux citoyens. « La société ne dit pas clairement ce qu’elle attend de nous. Si elle veut des produits de qualité respectueux de l’environnement, elle ne pourra pas continuer à la payer à des prix très bas. »

Jean-Paul LOUÉDOC (Ouest France du 2 octobre 2009) 

Mise en place de la mission interministérielle pour proposer un plan de lutte contre les algues

16 septembre 2009

Le Premier ministre François Fillon avait annoncé le 20 Août, lors de son déplacement à Saint-Michel en Grève, dans les Côtes d’Armor, accompagné de Roselyne Bachelot, ministre de la Santé et des Sports, Bruno Le Maire, ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche et Chantal Jouanno, secrétaire d’État chargée de l’Écologie, le lancement d’une mission interministérielle chargée de proposer un plan de lutte contre les algues vertes qui touchent de façon récurrente certaines côtes françaises.

 

Cette mission interministérielle qui mobilisera les ministères en charge de l’Environnement et du Développement durable, de l’Intérieur, de la Santé, de l’Alimentation, de l’Agriculture, et de la Pêche, est aujourd’hui mise en place. Elle est composée de :

 

Monsieur Philippe Quevremont, ingénieur général du génie rural, des eaux et des forêts, au titre du Conseil général de l’environnement et du développement durable ;

Madame Dominique Dalmas, inspectrice générale de l’administration, au titre de l’Inspection générale de l’administration ;

Monsieur Roland Moreau, inspecteur général des affaires sociales, au titre de l’Inspection générale des affaires sociales ;

Monsieur Vincent Frey, ingénieur général du génie rural, des eaux et des forêts, au titre du Conseil général de l’agriculture, de l’alimentation et des espaces ruraux.

 

Cette mission étudiera l’ampleur du phénomène des marées vertes et des risques associés, en veillant à identifier les lacunes existantes en matière de connaissances scientifiques, notamment en matière de risques sanitaires. Elle dressera également un état et fera des propositions sur les dispositifs existants de collecte et de traitement des algues vertes, en examinant notamment les filières possibles de traitement des algues. Finalement, elle aura pour mission d’évaluer et de proposer des actions en matière de prévention des marées vertes, notamment en étudiant les actions qui, dans les bassins versants concernés, permettront de réduire les rejets de nitrates dans les cours d’eau.

 

La mission interministérielle participera, avec le Préfet de région Bretagne, à la définition d’un programme d’action renforcé de prévention des marées vertes sur les baies de Saint Brieuc et de Lannion.

 

Le Premier ministre a demandé que les conclusions de cette mission lui soient rendues sous trois mois.

Conférence-débat sur les algues vertes

15 septembre 2009

Sauvegarde du Trégor, et le Collectif Urgence Marées Vertes organisent une conférence sur le thème « Marées vertes et émanations toxiques » et sur les effets de l’hydrogène sur la santé. L’intervenant invité mercredi soir sera le docteur Claude Lesné, du CNRS et au département santé publique de l’université de Rennes 1. La conférence sera suivie d’un débat. Ce mercredi, à 20 h 15, centre Savidan, Lannion. (Ouest France 15 septembre 2009)

Un collectif « Marées vertes urgence » créé

27 août 2009

Un collectif « Marées vertes urgence » a été créé lundi 24 août dans les locaux de la Fédération Côtes-d’Armor Nature Environnement. « Il aura pour objectif de faire pression sur l’État pour qu’il tienne ses promesses, d’accompagner les plaintes contre l’État, d’être force de propositions, de préparer les manifestations des 26 et 27 septembre, mais aussi de rappeler qu’au-delà des plages d’Hillion et Saint-Michel-en-Grève, l’invasion des algues vertes est aussi d’ampleur régionale, malheureusement. »

 

Sont présents dans ce collectif : Halte aux Marées Vertes, Sauvegarde du Tregor, Vivarmor Nature, Bretagne Vivante, De la source à la mer, A.V.E.C., Terre et Mer, Eau et Rivières de Bretagne, A.C.A.P., Côtes d’Armor Nature Environnement (Ouest France 27 août 2009)

André Ollivro aidé par Côtes-d’Armor Nature environnement

22 août 2009
Côtes-d’Armor Nature Environnement apporte tout son soutien à André Ollivro, porte-parole de l’association Halte aux marées vertes, victime d’intimidations et de menaces. Les associations locales alertent les pouvoirs publics depuis de nombreuses années sur la prolifération des algues vertes. « Elles ont énormément travaillé sur le sujet et sont constamment confrontées à l’hostilité ouverte de certains agriculteurs. Il faut du courage pour militer dans ces conditions », souligne Thierry Dereux, président de Côtes-d’Armor Nature Environnement.

« De notre côté, nous leur apportons tout notre soutien, moral, mais aussi logistique, en les appuyant dans leurs démarches administratives, juridiques, continue-t-il. Nous souhaitons accompagner André Ollivro dans ses plaintes et réfléchir à la suite des événements. » Et Sébastien Genest, président de France Nature Environnement, d’ajouter : « Nous soutenons pleinement le combat mené avec courage par les militants des Côtes-d’Armor contre les marées vertes. Nous accompagnerons si besoin André Ollivro pour saisir la justice. » (Ouest France, 22 août 2009)

Valoriser le bois plutôt que chauffer

21 mai 2009

Bevan tost face à l’usine d’incinération Pluzunet

 

Peut-on limiter l’activité de l’incinérateur ? Bevan tost d’ar Mene Bre pense que oui, en valorisant le bois plutôt que de chauffer les serres.

 

En chauffant des serres, l’usine d’incinération sort de sa vocation. Lors d’une conférence donnée à Pluzunet, l’association Bevan tost d’ar Mene Bre a réaffirmé leur position : il faut valoriser le bois plutôt que le transformer en copeaux. Un message qui semble de plus en plus difficile à faire entendre.

Opposée à l’usine d’incinération depuis le départ, l’association environnementale avait obtenu d’intégrer la CLIS, la Commission Locale d’Information et de Surveillance de l’usine. Non sans effet sur le traitement de la dioxine notamment. Mais, depuis 2008, l’association estime être « muselée ».

« L’ambiance était à la coopération, dans un climat sérieux mais, curieusement, en 2008, il n’y a pas eu de deuxième réunion annuelle, décrit son président Léon Mériaux. Le 24 avril dernier, j’ai posé des questions mais le sous-préfet m’a dit que c’était hors sujet… Personnellement, je n’accepte pas d’afficher ma présence comme simple chambre d’enregistrement. »

Une « ressourcerie » pour le bois

Léon Mériaux a adressé une lettre ouverte au sous-préfet. Stéphan de Ribou ne souhaite pas « s’engager dans un débat stérile ». Le sous-préfet préfère mettre en avant la « très bonne gestion de Valorys », certain qu’il reste encore de la chaleur à valoriser dans le traitement des déchets. Le SMITRED (1), en permettant de récupérer cette source de chaleur qui partirait dans l’atmosphère, limite ainsi les coûts de l’incinération.

boisLimiter l’activité de l’incinérateur, est-ce possible ? s’interrogent les membres de Bevan tost ar Mene Bre.

L’écart est grand avec la réflexion de Bevan tost quant à la politique menée par le SMITRED. Soutenus par Thierry Dereux, président du Côtes d’Armor Environnement, les membres du bureau sont persuadés que l’on peut limiter l’activité de l’usine d’incinération en valorisant plus de déchets, comme le bois.

« Nous pourrions mettre en place une “ressourcerie” et offrir quelques emplois en récupérant ce bois plutôt que le transformer en copeaux, d’autant que ces copeaux sont expédiés dans le Morbihan et la région de Rouen », s’étonne Léon Mériaux. « Nous pourrions employer quelques personnes qui enlèveraient les clous », renchérit le président de Côte d’Armor Environnement. Reste à savoir si les éléments de bois peuvent vraiment être valorisés.

Les membres de Bevan tost estiment que la chaleur produite par l’incinérateur est insuffisante pour chauffer les serres. Ce serait pour cette raison que seraient proposés de nouveaux systèmes de combustion venant en complément des déchets brûlés par l’incinérateur.

Ils s’opposent à la surenchère de chauffage, inutile selon eux : « Nous nous sommes rendus compte l’an dernier que le syndicat sortait de son rôle d’intérêt général, qui est d’éliminer les ordures ménagères, souligne Léon Mériaux. Implanter une zone de serres n’est pas sa vocation. »

Étienne Royer

(1) Syndicat mixte intercommunal pour le tri et l’élimination des déchets.

 

Staes Claire (Le Trégor, jeudi 21 Mai 2009)

Enquêtes publiques. Une annonce inquiète plusieurs associations

21 mai 2009

La fédération de Côtes-d’Armor nature environnement s’inquiète de la possible suppression des enquêtes publiques annoncée par Patrick Devedjian, à l’occasion d’un point d’étape sur la mise en oeuvre du plan de relance. Cette annonce intervient à la suite d’une réforme votée au mois de janvier «qui assouplit déjà les conditions d’autorisation des activités industrielles au détriment de la protection de l’environnement», commente ThierryDereux, président de Côtes-d’Armor nature environnement, dans un communiqué.

Parlant de «réforme irrationnelle», Thierry Dereux juge que le relèvement du seuil de déclenchement des enquêtes publiques permettra «l’autorisation d’un maximum de projets à risques sans concertation et information du public (riverains, associations, élus, etc.)». Pour Sébastien Genest, président de France nature environnement, «la création des enquêtes publiques environnementales par la loi Bouchardeau du 12 juillet 1983 est un progrès démocratique pour lequel les associations se sont battues. Sa remise en cause est un scandale!».

Un plan de relance «gris foncé»

Pour ce dernier, «cette annonce, réalisée sans aucune consultation préalable, n’a aucun intérêt, ni économique, ni écologique. Pire, elle sous-entend que l’écologie ne rime pas avec économie, cette vieille erreur que les acteurs du Grenelle avaient pourtant enterrée. Décidément, certains font tout pour que ce plan de relance ne soit pas vert, mais bien gris foncé». Côtes-d’Armor nature environnement et FNE ne nient pas la maigre participation citoyenne à certaines enquêtes. «À l’évidence, le public a parfois l’impression que les jeux sont faits et les projets ficelés avant même la consultation. De plus, pendant l’enquête publique, les conditions de participation et d’accès à l’information pourraient être grandement améliorées…». (Télégramme, jeudi 21 mai 2009)

Grenelle de la Mer Associations-syndicats : le rassemblement s’élargit

20 mai 2009

Par une déclaration intitulée « pour une pêche écologiquement et socialement responsable », les trois organisations, CGT, CFDT, FNE, ont pris l’initiative d’une plate-forme commune sur la pêche rendue publique la semaine passée, à l’occasion des troisièmes réunions des groupes de travail. Elles se réjouissent d’être désormais rejointes par la CFE-CGC.

Les quatre organisations souhaitent que ce texte crée une dynamique. Elles appellent les autres acteurs du Grenelle qui s’en sentent proches, à le rejoindre. Ensemble, nous pouvons l’enrichir.

Cette plate-forme se veut ouverte à d’autres structures soucieuses de fonder les conditions d’une pêche écologiquement, socialement et économiquement soutenable, ce qui appelle de profondes réorientations.

Ces réorientations nécessaires, qu’il convient de mener au plan national et au plan européen, mais aussi au plan international, touchent à une multitude de registres : développement des connaissances ; protection efficace des populations de poissons, des autres espèces marines, et des écosystèmes ; amélioration et requalification du travail en mer ; renforcement des contrôles environnementaux et sociaux sur mer et sur terre ; qualité, traçabilité et accessibilité des produits alimentaires de la pêche ; renforcement de la recherche publique alors que ses moyens financiers et humains se contractent, mais aussi implication forte de la recherche privée qui doit assumer ses responsabilités; adaptation aux dérèglements climatiques, transformation ou reconversion de certaines activités ; nouvelles activités et nouveaux métiers ; participation de l’ensemble des acteurs et nouvelle gouvernance nationale et locale ; etc.

Nos organisations se sont déjà mises d’accord sur une grande majorité de questions de fond, en dépit de la complexité et de l’intensité du dossier pêche. La plate forme doit maintenant constituer un élément substantiel des décisions de ce Grenelle sur lesquelles le gouvernement doit s’engager.

Elles vont poursuivre leur travail commun pour résoudre les questions qui peuvent encore faire débat : appréciation et étude de la situation concrète des impacts des activités sur la biodiversité, perspectives de certaines pêcheries et cohérence mondiale de protection de certaines espèces véritablement en danger comme le thon rouge, gestion économique et sociale de certaines adaptations et transitions, démocratisation des décisions…

Ces organisations entendent poursuivre et étendre leur dialogue sans exclusive sur les autres questions maritimes, tout aussi importantes : transports, industries marines, conditions d’exploitation des ressources, aménagement des littoraux, gouvernance, questions spécifiques à l’outre-mer, secteur public maritime, moyens et financements. Et elles vont naturellement porter ensemble leurs propositions communes. Elles sont décidées à continuer ce travail après le Grenelle.

Rendez-vous sera pris courant juin pour faire un premier bilan commun des objectifs atteints, des points d’accord entre les organisations qui n’auraient pas été repris à la table ronde finale, des points restant à résoudre entre organisations, et surtout, des actions à mener pour la mise en œuvre concrète des engagements tant au niveau national (loi de finances, etc) et européen que sur le terrain, ainsi que des actions à mener au plan international.

Les positions communes, preuve d’un dialogue qui se veut constructif, donnent de la force en faveur de la prise en compte des enjeux écologiques et sociaux qui imposent l’invention d’une nouvelle forme d’économie.

Ce Grenelle de la Mer ne doit pas être une occasion manquée. Il doit au contraire engager les ruptures concrètes permettant de sortir de la crise écologique, sociale et économique. Il faut changer les politiques maritime et industrielle qui s’y rattachent.

Le développement durable authentique- soutenable, responsable et désirable - doit devenir une grille de lecture commune à tous les acteurs qui veulent transformer la crise actuelle en cette « opportunité choisie » à laquelle aspire l’ensemble de la société. Ce qui exigera notamment une gouvernance profondément renouvelée.

Télécharger la plate-forme Pour une pêche économiquement et socialement responsable en PDF

L’émission Thalassa « accélère la prise de conscience »

21 avril 2009

Thierry Dereux, président de la fédération de Côtes-d’Armor Nature Environnement, réagit à l’émission Thalassa diffusée le 10 avril sur France 3 : « La somme des pollutions dénoncées dans notre département est impressionnante et a choqué un certain nombre de téléspectateurs. Rappelons qu’il y a deux ans, un numéro de Thalassa montrait exclusivement des aspects positifs, sans dévoiler les dessous de l’image. Habitants permanents ou saisonniers, nous sommes tous des citoyens responsables. Il est temps de ne plus se cacher la tête dans le sable. Les problèmes environnementaux et sanitaires (pollution de l’eau, algues vertes) sont bien là. Il est à l’honneur d’une émission de service public d’accélérer la prise de conscience afin que des mesures efficaces soient prises. Il est à souhaiter que les polémiques nées de ces reportages permettent qu’enfin image et réalité ne fassent plus qu’un. » (Ouest France, 22 avril 2009)

Semaine du Développement Durable: Faire de ses achats, un vote quotidien pour la planète !

1 avril 2009

La 7e édition de la Semaine du développement durable commence demain 1er avril. Plus de 4.000 manifestations seront organisées dans toute la France pendant 7 jours pour encourager les citoyens à agir au quotidien en consommant ”durable”.

caddie

Organisée par le Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire (MEEDDAT), la Semaine du développement durable se tiendra du 1er au 7 avril 2009 et aura pour thème, dans la continuité de 2008, la Consommation durable. Cette semaine se déroule chaque année et mobilise tous les acteurs pour informer et sensibiliser le public aux 3 composantes (environnement, économie et social) du développement durable et sur leur nécessaire complémentarité. Cette opération permet de motiver et de soutenir des changements de comportements pour un passage à l’acte, en expliquant les bonnes pratiques quotidiennes à adopter en faveur du développement durable.

Consommer autrement, c’est aussi faire des économies

Alors qu’en France, 360 kg de déchets sont produits par an et par habitant et que les transports représentent 35 % des émissions de CO2, il s’agit de faire des économies en consommant autrement et agir pour le développement durable au quotidien.

Animations en Bretagne

Vous trouverez toutes les animations organisées pendant la Semaine du Développement Durable sur le lien suivant:

http://www.semainedudeveloppementdurable.gouv.fr/sdd/spip.php?page=spip