Thierry Thomas, de la Confédération paysanne, estime qu’il n’y a qu’un vrai remède contre les algues vertes : changer.
« Le modèle agricole breton, basé sur une production de masse vendue à bas prix est à bout de souffle, il ne correspond plus à aucun critère de durabilité au plan social, économique et environnemental », souligne Thierry Thomas, responsable régional du dossier environnement à la Confédération paysanne.
Le syndicaliste comprend « l’exaspération des associations de protection de l’environnement face au problème des algues vertes » mais rappelle la responsabilité collective de la société face à l’afflux des nitrates. « C’est elle qui a demandé aux agriculteurs de produire des denrées à bas prix, les maires ont délivré les permis de construire pour les élevages et les préfets les arrêtés d’exploitation. Les paysans ont leur part de responsabilité mais pas toute la responsabilité. »
Un appel aux citoyens
Thierry Thomas parle d’un modèle agricole breton « qui lamine et écrase. 17 000 emplois de chefs d’exploitation, d’aide familial ou de conjoint d’exploitant ont disparu entre 2002 et 2 007. On compte une seule installation pour cinq départs. Notre secteur est un de ceux qui rémunèrent le plus mal en France. Avec 12 000 € de revenu moyen par actif, c’est moitié moins que le revenu médian français. Les salariés de l’agroalimentaire sont aussi parmi les plus mal payés. »
En matière de l’environnement « même si des progrès ont été faits, les résultats ne sont pas à la hauteur en matière de taux de nitrates et de marée verte. On continue en particulier à surfertiliser avec des engrais organiques les parcelles de maïs. »
Thierry Thomas en appelle aux paysans pour qu’ils prennent à bras-le-corps le combat pour la reconquête de la qualité de l’eau « sinon la réglementation continuera à se durcir et on va tous souffrir. » Il en appelle aussi aux citoyens. « La société ne dit pas clairement ce qu’elle attend de nous. Si elle veut des produits de qualité respectueux de l’environnement, elle ne pourra pas continuer à la payer à des prix très bas. »
Jean-Paul LOUÉDOC (Ouest France du 2 octobre 2009)

