Archive pour février 2009

«Cradle-to-cradle»: l’empreinte écologique positive ?

Vendredi 27 février 2009

novethic : « Récupérer les matières pour les réutiliser à l’infini, c’est le concept d’éco-conception « cradle-to-cradle » (du berceau au berceau), imaginé par l’architecte américain William McDonough et Michael Braungart, chimiste allemand spécialiste du cycle de vie des produits et ancien activiste de Greenpeace.

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Encore peu connus en France, l’architecte designer William McDonough et le chimiste allemand Michael Braungart sont pourtant deux personnalités de l’écologie industrielle. Leur ouvrage “Cradle to Cradle” date déjà de 2002. Leur credo, il est vrai, diffère des courants plus connus de l’écologie : loin d’une approche décroissante, ils défendent une consommation « intelligente », fondée sur la réutilisation permanente des matières et des objets. Tous deux préconisent une « empreinte écologique positive », à travers une philosophie d’éco-conception qui consiste à penser le produit dès l’origine pour lui donner ensuite plusieurs vies. Et  idéalement, le réutiliser à l’infini, y compris pour d’autres usages que sa fonction initiale.

Eric Allodi, représentant en France de la technologie « CtoC », explique le procédé : « Toutes les matières qui composent un produit sont analysées pour identifier ce qui peut être recyclé et dans quelles filières de recyclage on peut les orienter, pour recréer de la matière première. » Aujourd’hui, rares sont les produits pensés pour être recyclés, pourtant les solutions techniques existent. Eric Allodi donne l’exemple de la moquette « dépolymérisable », qui peut facilement être récupérée, pour être retraitée. « Les entreprises y voient leur intérêt, puisqu’on vient les débarrasser gratuitement de vieux produits. Sous chaque dalle est inscrit le numéro à appeler, c’est simple ».

Mais pour être « Cradle to Cradle », la première condition est d’utiliser des matières non toxiques, qui pourront être réintroduites sans accroître la pression sur l’environnement, voire le « nourrir ». Comme par exemple des cosmétiques biodégradables ou des T-Shirts entièrement compostables, utilisés pour nourrir la terre. Ou encore des livres fabriqués dans un plastique réutilisable et des chaises conçues pour être démontées et recyclées.

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Les industriels qui veulent adopter la démarche « C to C »  peuvent le faire de manière progressive, trois niveaux de certification (argent, or ou platine) leur sont proposés. « Il faut d’abord s’assurer de la non toxicité des produits, puis instaurer un circuit de récupération de la matière première pour ensuite la réinjecter dans un nouveau produit. En fin de vie, chaque objet réintègre son circuit d’origine sans perte de qualité ni gaspillage de nutriments qui ont servi à la constituer », explique Eric Allodi.

Depuis la première certification (qui comprend une vingtaine de critères) attribuée en 2005, 109 produits ont obtenus le label “Cradle to Cradle-C2C”, pour un coût annuel compris entre 10 000 dollars (T-Shirt), et 15 à 20 000 dollars (chaise). Rhoner, fabricant suisse de textile, a ainsi revu toute sa production pour adopter des matières et des teintures naturelles compostables, qu’il revend à un consortium de producteurs de fraises… En France, la marque de collants Dim s’est également engagée dans ce procédé, en abandonnant  polyamide et teintures conventionnelles pour des matières premières plus naturelles, avec l’appui financier de l’Ademe (à hauteur de 50 % soit 130 000 euros). Objectif : faire des collants compostables ou recréer de nouveaux produits à l’infini, à condition bien sûr que les consommatrices s’impliquent pour « rendre » leurs collants usés… Le projet constitue en tout cas une vraie stratégie pour la marque qui, dans la foulée, a nommé un directeur développement durable et envisage  un nouvel axe de communication autour du « C to C ».

Une ville 100 % Cradle to Cradle ?

En Europe, la démarche connaît déjà quelques succès, notamment en Hollande et en Allemagne. L’EPEA (Environmental Protection and Encouragement Agency) est le partenaire officiel « C to C » aux Pays-Bas, où la ville de Venlo (92 000 habitants) a annoncé devenir 100 % Cradle to Cradle d’ici 2012, avec une politique « zéro déchets ». La Chine, qui doit construire d’ici 7 ans pas moins de 200 millions de logements (soit 6 villes nouvelles)  s’est engagée via l’Association chinoise du bâtiment dans la démarche. William McDonough explique avoir trouvé avec BASF un polystyrène « sans aucun produit chimique dangereux pouvant servir pour construire des murs solides, légers et super isolants”, explique-t-il dans une interview au magazine Newsweek. “Le bâtiment peut être chauffé et rafraîchi pour presque rien. Il est silencieux au point que même s’il y a 13 personnes dans l’appartement du dessus, vous ne les entendez pas”. Autre invention de l’architecte pour l’usine Ford, un toit végétal qui collecte puis purifie l’eau de pluie, tout en isolant le bâtiment. Outre la réduction de consommation d’énergies qu’il induit, le toit est lui-même plus économique, puisque sa durée de vie est deux fois supérieure à celle d’un toit classique.

Les hydroliennes devraient voir la mer en 2012 au large de Bréhat

Vendredi 27 février 2009

Openhydro hydrolienne bréhat

Openhydro hydrolienne bréhat

Le telegramme: Entériné le 15 juillet dernier, le projet inédit en France, du parc hydrolien au large de Bréhat se précise peu à peu. Hier, un état des lieux du dossier était présenté par les représentants EDF et les élus.

Le parc des quatre hydroliennes sera aménagé précisément à 8km de l’île de Bréhat, et 15km de l’anse de Launay, dans la commune de Ploubazlanec. D’une surface de 3hectares, il se localise au sud d’une zone de cantonnement de crustacés. «Des mesures compensatoires ont été envisagées avec le comité local des pêches de Paimpol pour ne pas porter préjudice à l’activité du homard», a tenu à souligner Pierre Brun, chef de projet chez EDF. Un constructeur irlandais: OpenHydro.
La France en étant pour le moment «aux balbutiements», précise Vincent Denby Wilkes, délégué régional EDF France, le groupe de liaison s’est tourné vers la technologie d’OpenHydro, un développeur irlandais. Installée sur un tripode métallique posé à même le sol, p
ar 35m de fond, la turbine
effectuera trois tours/minute, en moyenne.

L’environnement privilégié.
«La performance énergétique n’a pas constitué la priorité du projet, rappelle Vincent Denby Wilkes. Il s’agit d’un parc démonstrateur d’abord et avant tout. Notre crainte première était de limiter au maximum les risques relatifs à la dégradation de l’environnement marin et terrestre.» Un trou percé au milieu de la turbine permet à la faune (poissons, cétacés, oiseaux, etc.) de ne pas rester prisonnière de la structure. Un câble de 30cm de diamètre.

Pour l’heure, quatre machines sont commandées. Le poste de conversion en énergie, placé au milieu du parc, permettra par la suite d’immerger d’autres hydroliennes. Un câble de 30cm de diamètre, posé ou enfoui selon les zones traversées, acheminera les kWatts vers un poste à terre, situé à 110m du rivage, sur le territoire de Launay. Mise en service: 2012.
Après le dépôt du permis de construire, en mars2009, un appel d’offres pour l’installation des câbles sera lancé. La première machine test tournera au printemps 2011. Un an plus tard, ses trois consoeurs produiront elles aussi du courant continu au large de Bréhat. Coût total estimé: 24M€.

Eco-emballages: les demandes de la commission consultative pour l’agrément

Mardi 24 février 2009

JDNE :Lors de la réunion de la commission consultative pour l’agrément de la filière des déchets d’emballages ménagers, qui s’est tenue mercredi 11 février, ses membres ont adressé plusieurs demandes à Eco-emballages et à son conseil d’administration.

Outre la sortie, dans les meilleurs délais, du fonds non sécurisé et le renforcement des procédures internes pour éviter à l’avenir tout placement financier risqué, la commission a demandé une ouverture du conseil d’administration à des membres associés issus de différents collèges de la commission, dont des associations de protection de l’environnement. «L’entrée au conseil d’administration d’Eco-emballages, en tant que membre associé, nous permettra de suivre au plus près les décisions de l’éco-organisme», indique Michel Georges, représentant de France nature environnement (FNE) à la commission.

Après plusieurs heures de débat, la commission a également réclamé une «gestion optimisée de la trésorerie pour les collectivités locales», avec des avances de soutiens majoritaires au premier semestre.

Une pêcherie bretonne sur la voie de la certification MSC

Mardi 24 février 2009

WWF : Dans un contexte de raréfaction de la ressource marine, le rétablissement des stocks de poisson requiert de sérieux efforts de la part de tous les professionnels de la filière pêche. Désormais, pour satisfaire les demandes des consommateurs et des distributeurs, non seulement les fournisseurs doivent répondre de la qualité et de la sécurité sanitaire de leurs produits, mais ils doivent aussi démontrer que leur activité a un impact limité sur l’environnement et qu’ils investissent dans la gestion durable des ressources marines. Des exigences nouvelles donc, qui bousculent le marché…la certification.

De nombreux labels de « pêche durable » fleurissent et brouillent le message à destination des consommateurs. Trop souvent, ces labels, créés parfois par les enseignes de la grande distribution, sont à la fois juge et partie. Quant à leurs objectifs écologiques, ils passent en deçà de l’exigence environnementale fixée par la norme de référence dans le domaine de la pêche durable : le code de conduite édité par la FAO (Organisation pour l’Alimentation et l’Agriculture des Nations Unies).

Aux yeux du WWF-France, le label MSC (Marine Stewardship Council) est le plus fiable. A la fois indépendant, rigoureux et transparent, il est le seul, à ce jour, à respecter les principes édictés par ce fameux code de conduite et à garantir une exploitation durable des ressources halieutiques.

Il aura fallu 2 ans de consultation internationale en collaboration étroite avec les experts du monde entier (scientifiques, pêcheurs, organisations environnementales) pour que cette riposte énergique aux problèmes de surpêche et de dégradation des écosystèmes marins voit le jour.

Conclusion : le MSC, c’est pas une maladie, mais bien un outil efficient permettant de maintenir la diversité de la vie marine en offrant de « l’écologiquement responsable ».

Bonne nouvelle, l’offre commerciale labellisée MSC commence à s’étoffer. À l’échelle planétaire, 2000 produits de la mer affichent l’écolabel bleu. Et depuis peu, une pêcherie bretonne, celle de la pêche à la bolinche pratiquée par les pêcheurs bretons et basques dans le golfe de Gascogne, s’est même embarquée dans le process, relevant le défi de cette certification ambitieuse. Au regard des trois principes du référentiel MSC, tout sera passé au crible. Bureau Veritas Certification ainsi qu’une équipe d’experts scientifiques indépendants examineront l’état des stocks et l’impact de la pêcherie sur l’écosystème tout en évaluant son système de gestion.

Didier Le Gloanec, président de l’Association des Bolincheurs de Bretagne explique : «Nous nous sommes rassemblés autour du projet de certification MSC en vue de revaloriser notre métier. Nous en sommes fiers et voulons le faire savoir au grand public ».

Certes, la sardine n’est pas soumise à quotas mais ces pêcheurs ont eux-mêmes mis en place des licences pour permettre une meilleure gestion de la ressource en limitant par exemple le nombre de bateaux et de jours en mer. Au fil des ans, ils ont travaillé à améliorer la qualité de leurs produits, grâce notamment aux cuves à eaux réfrigérées, garantissant la fraîcheur des produits jusqu’au débarquement et ce, en toute saison.

Composée de 18 bateaux, de moins de 17 mètres de long, la flotte des bolincheurs de Bretagne décharge près de 98% de ses sardines dans les ports de Concarneau, Saint-Guénolé et Douarnenez. Les poissons sont vendus sur place, sous criée, par contrat ou en vente directe. A ce propos, Didier Le Gloanec espère que la certification permettra de valoriser leurs produits et leur ouvrira les portes vers de nouveaux marchés aussi bien en France qu’à l’export.

Pour Charles Braine, Chargé du programme pêche durable au sein du WWF-France, cette initiative est évidemment très positive. « Elle devrait contribuer à freiner le processus de dégradation des océans tout en donnant l’opportunité aux bolincheurs de faire savoir qu’ils agissent depuis longtemps pour la préservation de la ressource et pour la pérennisation de l’activité ».

Du côté du Marine Stewardship Council, on applaudit à la perspective de cet adoubement. Nicolas Guichoux, directeur Europe du MSC déclare : « Nous nous réjouissons de l’entrée de la première pêcherie française dans le programme MSC et espérons qu’elle obtiendra sa certification ». Et d’ajouter : « Nous sommes heureux de voir que l’Association des Bolincheurs de Bretagne veut être l’initiatrice du projet dans l’Hexagone. Le soutien et l’engagement des pêcheurs ainsi que la mobilisation des consommateurs sont les meilleurs leviers pour inverser le déclin mondial des ressources halieutiques »… D’autant que, comme l’explique Edouard Le Bart, responsable commercial MSC pour la France, « profondément ancrée dans les traditions de pêche et dans l’histoire de la Bretagne, la sardine est très appréciée par le consommateur français ». Pêcherie emblématique du littoral breton, son entrée dans le processus de certification est donc hautement symbolique !

Au cours de ses dix années d’activité, le MSC a gagné la confiance d’un grand nombre d’acteurs de la filière pêche à travers le monde. De l’Alaska à la Norvège en passant par la Nouvelle Zélande et le Japon, le nombre de pêcheries dans le programme est en augmentation croissante. Espérons que la pêcherie de sardine à la bolinche inspirera d’autres pêcheries françaises, ouvrant la voie de la certification MSC à ses consœurs …

90% des cours d’eau français contiennent des pesticides

Mardi 24 février 2009

JDNE : Le Service de l’observation et des statistiques (SOeS, ex-Institut français de l’environnement) a publié vendredi 30 janvier les chiffres 2006 de la présence de pesticides dans les eaux françaises.

Du côté des eaux superficielles, 37% des points du réseau de connaissance générale ont une qualité moyenne à mauvaise. Un taux qui monte à 48% sur les points des réseaux phytosanitaires (1). Et «10% des points du réseau de connaissance générale et 15% des points des réseaux phytosanitaires ont une mauvaise qualité qui peut affecter de manière importante les équilibres écologiques», constate le service statistique.

Le bilan est meilleur pour les eaux souterraines. En 2006, 24% des points du réseau de connaissance générale et 27% des points des réseaux phytosanitaires ont une qualité médiocre à mauvaise. 1% des points du réseau de connaissance générale et aucun des points des réseaux phytosanitaires ont une mauvaise qualité.

Au total, les pesticides sont présents au moins une fois sur «90% des 1.097 points interprétables des réseaux de connaissance générale et phytosanitaires» pour les eaux souterraines, et au moins une fois sur 53% des 1.507 points des réseaux de connaissance générale en ce qui concerne les eaux souterraines.

243 substances actives différentes ont été quantifiées au moins une fois sur les 476 substances recherchées dans les eaux superficielles. Dans les eaux souterraines, 121 substances ont été détectées au moins une fois sur les 447 substances recherchées.

(1) Les réseaux de connaissance générale permettent de contrôler les ressources en eau à l’échelle nationale. Les réseaux phytosanitaires ont été mis en place en 1997 au niveau régional. Ces réseaux ont été remplacés en 2007 par un «réseau de contrôle de surveillance» et un «réseau de contrôle opérationnel», dans le cadre de la directive-cadre sur l’eau.

Politiques environnementales du Smega- Goelo Argoat- Côtes d’Armor

Mardi 24 février 2009

Ouest France : Les délégués du Syndicat mixte environnement Goëlo-Argoat (1) étaient réunis, jeudi, à Blanchardeau, sous la présidence de Philippe Delsol (Plouha). Un « comité consultatif » a été mis en place. Il sera composé de onze représentants du milieu associatif (environnement, pêcheurs, chasseurs, consommateurs et autres usagers) et de onze représentants de la profession agricole locale.

« Ces vingt-deux représentants devront être issus et rattachés à l’une des trois commissions géographiques du Smega. Ils constitueront le relais des élus auprès de la société civile, et permettront à cette dernière de pouvoir exprimer ses avis et requêtes de manière formelle », a indiqué Philippe Delsol. Les structures concernées seront sollicitée afin de désigner leurs délégués. Le premier budget primitif du comité portant sur une année civile complète a été voté. Il s’élève à 1 212 000 €.

Le partenariat avec le centre de recherche berlinois Kompetenzzentrum Wasser Berlin a été présenté. « Ce centre de recherche est spécialisé dans les réhabilitations de milieux naturels. Son relais est le bureau d’étude malouin SSEGT. Ces travaux sont suivis par le comité scientifique de l’environnement de Bretagne (CESB). »

Les projets de Mesures agri-environnementales (contrat concernant les exploitants agricoles) sur les aspects réduction d’utilisation des produits phytosanitaires (pesticides), fertilisants, entretien des zones humides… ont été présentés. Ces contrats financés par l’État, l’agence de l’eau, la Région et les départements sont à signer avant le 15 mai prochain.

À Plérin, la carrière Rault est un terrain miné

Mardi 24 février 2009

Ouest France : Le 31 décembre 2008, l’autorisation préfectorale d’exploiter arrivait à échéance.Mais les désaccords persistent entre le carrier et les riverains.

La polémique

Depuis de nombreuses années, les riverains de la carrière de Persas, sur les bords du Gouët à Plérin, subissent des nuisances : tirs de mines endommageant les maisons, ballet de camions sur la route… Le Comité de sauvegarde de la Vallée du Gouët se bat depuis 30 ans contre la société Rault, estimant qu’elle prend des libertés avec la loi.

Les deux dates qui changent la donne : 31 octobre 2008, fin des tirs de mines à la suite d’un arrêté du préfet ; 31 décembre, l’autorisation d’exploiter la carrière arrive à échéance. La polémique toucherait-elle à sa fin ? Rien n’est moins sûr. Si les tirs de mines ne sont plus un problème, c’est plus compliqué pour le ramassage des cailloux.

Un petit film qui accuse

Un riverain a filmé les engins mécaniques grattant la colline, il y a moins d’une semaine : « La carrière est toujours exploitée. Les matériaux fraîchement extraits vont directement dans le concasseur pour la vente », s’agacent les opposants.

Rabotage réglementaire ?

« Je suis obligé de gratter le caillou pour qu’il n’y ait pas de risque d’éboulement par la suite. C’est réglementaire », répond Jean-Pierre Rault. « Il ne s’agit pas de nouvelles extractions mais du traitement des reliquats de cailloux, justifie la préfecture. Cette activité autorisée se terminera courant 2009. » La mairie se montre vigilante : « Nous demandons la stricte application de la loi. Si la décision préfectorale n’était pas respectée, ce serait un problème », indique Robert Pédron, adjoint.

L’avenir du site

L’exploitant doit remettre les lieux en état. Il a fait des propositions, mairie et riverains y ont apposé des observations. Le dossier est actuellement instruit par les services de l’État. Réponse au plus tard mi 2009.

À chacun ses dates

Les riverains jugent le dossier du carrier : « Il ne propose qu’un remblaiement par un dépôt de déchets inertes. Le site futur n’est pas prévu totalement végétalisé, parce qu’il veut y vendre des cailloux jusqu’en 2014. » Une échéance qui choque les opposants : « Le préfet avait assuré que la remise en état du lieu devait être réglée fin 2011. »

Négoce de cailloux ou zone naturelle ?

Le comité souhaite « une vallée naturelle, puisque classée N et NL (naturelle et littorale) au plan local d’urbanisme ». Jean-Pierre Rault fulmine : « Rien ne m’empêchera de continuer le négoce ! Ce n’est pas soumis à autorisation, mais à déclaration. Oui, avec le remblaiement il y aura encore des camions à passer ! ». La préfecture : « Le propriétaire a toute liberté pour faire évoluer son site comme il l’entend, du moment que les lieux sont remis en état. »

Une carrière ferme, une autre s’étend

La société Rault a d’autres sites d’exploitation dans le département. À Tréméven, une enquête publique est en cours afin d’étendre l’exploitation de la carrière de Coat-Men.

Eco-emballages envisage des poursuites judiciaires

Mardi 24 février 2009

JDLE :Suite à l’affaire des fonds hasardeux de l’éco-organisme, le Meeddat a annoncé dans un communiqué que «des suites judiciaires au civil sont d’ores et déjà en cours de préparation par Eco-emballages». Cette information a été donnée alors que la société a rendu public l’audit externe, réalisé à la demande du gouvernement, lors de la commission d’agrément qui s’est tenue mercredi 11 février.

Cet audit, réalisé par le cabinet Deloitte, indique que sur la période 1993-2007 le taux de rendement moyen des placements d’Eco-emballages s’élève à 4,3%, dégageant un résultat financier cumulé de 85 millions d’euros, soit un résultat modeste par rapport à ces types de placements (de l’ordre de 3,9% en moyenne sur la même période pour des fonds sécurisés), avec un risque élevé pour les fonds de fonds (c’est-à-dire des fonds d’investissement qui investissent dans d’autres fonds d’investissement). Ceux-ci s’établissent à plus de 70 millions d’euros au 31 décembre 2008, soit 27% de la trésorerie brute d’Eco-emballages. En raison de la moins-value générée par la crise financière sur l’un des fonds à risques d’Eco-emballages, l’éco-organisme pourrait perdre jusqu’à 23 millions d’euros.

Le rapport fait également état des rémunérations de l’intermédiaire qui a conseillé l’ex-directeur général d’Eco-emballages Bernard Hérodin d’investir dans des fonds étrangers. «Le montant des rétrocessions perçues par [cet intermédiaire] apparait élevé au regard des prestations et services rendus par ce dernier», indique le rapport. Ce montant est estimé entre 3,6 et 5 millions d’euros. Bien qu’il reste des fonds à débloquer, la trésorerie nette de la société devrait rester positive en 2009.

L’étude Deloitte recommande notamment de mettre en place un planning de récupération de ces fonds, et une charte de trésorerie précisant les types de placements autorisés. Pour Nicolas Garnier, délégué général de l’association Amorce, «il est impératif de mettre au point un meilleur contrôle et une meilleure gestion des ressources financières d’Eco-emballages, et de donner des moyens de contrôle et de régulation de la structure, qui sont pour l’instant insuffisants.

Algues vertes : Le phénomène ne va pas à reculons

Mardi 24 février 2009

Ouest France: Depuis huit ans, le comité Halte aux marées vertes lutte contre la prolifération des algues en baie de Saint-Brieuc. Cette association comptant une centaine d’adhérents a tenu son assemblée générale. L’occasion de faire le point pour le président sortant Michel Guillemot, dont on connaîtra le successeur d’ici quelques semaines.

Quel bilan tirez-vous de l’année 2008 ?

Tout d’abord, cette année a permis de révéler de façon certaine la dangerosité des algues sur nos plages par la mort de chiens à Hillion. On a également manifesté le 30 décembre contre l’épandage des boues de la société Stalaven, qui a finalement renoncé. Ces boues comportent de l’azote et sont très nocives. C’est une première victoire, mais il y a encore énormément de combats à mener. Au cours de ces douze derniers mois, nous avons ramassé 17 000 tonnes d’algues vertes. La décharge, basée à Hillion, est désormais complètement saturée et on souhaiterait une déchetterie, un site plus aux normes pour accueillir ces déchets.

Quelles actions allez-vous mener en 2009 ?

On voudrait rencontrer le préfet avec le président du conseil général et Mme la députée afin qu’ils viennent constater l’état actuel de la baie. Surtout avec la météo actuelle, on s’attend à beaucoup de lessivage, car méme si ça se voit moins, il y a encore des algues vertes l’hiver. C’est désormais un phénoméne constant et on attend une prise de conscience des politiques. Ils se mobilisent toujours pour les marées noires, mais jamais pour les marées vertes. Pourtant, le phénomè¨ne ne va pas à reculons.

Où en êtes-vous dans votre procès contre l’état ?

Nous avons porté plainte en octobre 2007 devant le tribunal administratif de Rennes en le désignant comme responsable des algues vertes. Nous avons gagné en première instance, il y a un appel en cours, et nous sommes confiants étant donné le non-respect des normes européennes sur la qualité des eaux. 80 % des lois sur l’environnement sont dictées par l’Europe, il serait temps de les respecter. Car, à titre indicatif, les frais de ramassage engendrés en 2007 s’¨élèvent à plus de 308 000euros ¡¡, subventionnés à hauteur de 269 000 euros¡ par le conseil général, le reste étant à la charge des communes.

Mercure dans l’industrie : FNE tire le signal d’alarme

Mardi 24 février 2009

Actu Env : « France Nature Environnement a publié jeudi 12 fevrier 09, les résultats d’une étude sur les dangers du Mercure dans l’industrie. Le constat est sans appel : certains sites industriels affichent des émissions de Mercure préoccupantes. Après les PCB, le Mercure ?

Jouer le rôle de lanceur d’alerte, tel était l’objectif de la fédération France Nature Environnement en réalisant une étude sur les rejets de Mercure aux abords de quatre sites industriels français. En réalisant des mesures spontanées autour de ces sites, FNE n’entendait pas donner une vision d’ensemble de la situation en France mais alerter les pouvoirs publics et les entreprises sur les risques liés au mercure. Le constat est sans appel : les rejets observés apparaissent préoccupants pour l’homme et l’environnement. Un message entendu par le gouvernement : le ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de l’aménagement du territoire (MEEDDAT) a déclaré dans un communiqué paru mercredi avoir pris connaissance avec grand intérêt du dossier établi par France Nature Environnement sur l’utilisation du Mercure dans l’industrie et souligne l’importance du travail de collecte d’informations ainsi réalisé.

Rapport du FNE : des résultats préoccupants

Les relevés effectués par FNE aux abords de quatre sites industriels français présentent des résultats mitigés. Pour Solvay électrolyse à Tavaux dans le Jura et Arkema Lavera dans les Bouches du Rhône, les mesures ne démontrent pas de valeurs significatives. La concentration de Mercure dans l’air autour de ces deux sites ne dépassait pas 5ng/m3 dans l’air, note le rapport. Par contre, sur le site de SPC Harbonnières dans la Somme, les résultats présentent des taux importants de concentration dans l’air de manière continue (400 ng/m3 air) avec quelques pics de rejets importants, supérieurs à 1.000 ng/m3 air. Le site Arkema à Jarrie (Isère) apparaît le plus préoccupant avec quelques pics atteignant 20.000 ng/m3 air, soit 20 fois la dose maximale admise par l’organisation mondiale de la santé (OMS). FNE a fait état d’une mesure ponctuelle anormale de Mercure dans l’atmosphère à proximité de l’usine ARKEMA de Jarrie (Isère). Même si les mesures réalisées antérieurement sur ce même site n’avaient jamais conduit à détecter de telles anomalies, l’inspection des installations classées (DRIRE Rhône-Alpes) a proposé à FNE de mener au printemps 2009 une campagne de mesures conjointe avec l’industriel et l’association agréée de surveillance de la qualité de l’air, selon un protocole scientifiquement établi et agréé par les différentes parties, précise le communiqué de presse du MEEDDAT. Chantal Jouanno, la secrétaire d’État à l’écologie, a demandé au préfet de l’Isère de réunir, dès la semaine prochaine, un comité de pilotage afin que cette campagne ait lieu sans attendre.

Un décalage entre la décision publique et la réalité sur le terrain, selon FNE

La dangerosité du Mercure est reconnue depuis de très nombreuses années. Que ce soit par inhalation, par contact cutané dans le cas du méthylmercure ou par ingestion de denrées contaminées (le Mercure se stocke par exemple ans la graisse des poissons), le Mercure s’avère toxique, même à faible dose. Maladies immunologiques, cardiovasculaires, rénales ou neurologiques peuvent être la conséquence d’une exposition à de faibles concentrations.

S’il est naturellement présent dans l’atmosphère, le Mercure est historiquement concentré dans des objets du quotidien : baromètres, thermomètres, matériel médical, amalgame dentaire… L’industrie de l’or, du charbon, la cimenterie et l’industrie du chlore rejettent potentiellement du mercure. En France, les autorités publiques ont interdit la vente en 1998, puis leur utilisation dans les hôpitaux en 1999, de thermomètres à mercure. Mais en 2000, on estime qu’il y avait encore 15 millions de thermomètres à Mercure chez les particuliers. L’Union européenne a interdit plus tardivement les instruments au mercure, en juillet 2007, avec une entrée en vigueur au plus tard au premier semestre 2009.

L’industrie du chlore, objet de l’étude présentée par FNE, représente en France environ 8 % du total des émissions nationales selon des chiffres communiqués par le MEEDDAT. Six sites industriels sont concernés. Si les pouvoirs publics avaient décidé en 1998 de la suppression des cellules à Mercure dans cette industrie en 2010, cette décision a été reportée à 2019. Le ministère du développement durable a confirmé la décision prise en 2007 de fixer à 2019 l’interdiction de l’utilisation des électrolyses à cathode de mercure et précise que cette décision a été assortie d’une obligation de réduction supplémentaire des rejets de mercure dans l’air, dans l’eau et dans les produits de chacune de ces installations. En moyenne nationale, la réduction sera égale à 30 % entre 2005 et 2011. Ces émissions avaient déjà diminué de plus de 80 % depuis les années 90.

Ce report est regretté par FNE qui affirme qu’il existe dès aujourd’hui et depuis de nombreuses années des alternatives aux processus actuellement utilisés dans l’industrie. De plus, ces processus consomment 30 % d’énergies en moins que les procédés actuellement utilisés, note Elena Lymberidi, du Bureau européen de l’environnement.

Pour Arnaud Gossement, porte-parole du FNE, il y a un décalage entre la décision publique et la réalité sur le terrain. Le ministre a affiché une volonté de dialoguer, c’est bien. Mais il affirme que changer les procédés coûterait trop cher. Il faut que nous commencions à parler du coût de l’absence de protection de l’environnement plutôt que du coût pour les industriels!

Dans ce contexte, Chantal Jouanno et Jean Louis Borloo ont finalement annoncé jeudi, qu’ils allaient rouvrir le dossier relatif à ce report en commençant par réunir les industriels concernés, pour qu’ils présentent les échéances auxquelles ils prévoient de faire évoluer leur procédé. Le Ministère rappelle encore que les efforts réalisés pour réduire les rejets de Mercure dans l’environnement doivent évidemment être poursuivis : le nouveau Plan national santé environnement, prévu par le Grenelle de l’environnement et actuellement en cours de préparation, devrait ainsi conduire à une nouvelle réduction des rejets industriels de mercure d’ici à 2015 de 50 % dans l’eau et de 30 % dans l’atmosphère. Pour ce faire, la secrétaire d’État a déclaré dans un communiqué, vouloir mettre en place dans les plus brefs délais, un groupe de travail, avec les 5 parties du Grenelle, pour proposer des modalités concrètes permettant d’atteindre cet objectif. »