Archive pour février 2009

Des Installations classées moins soumises aux enquêtes publiques – le régime des installation classé allégé – Quels enjeux?

Mardi 24 février 2009

Dans le cadre du plan de relance annoncé par le Président de la République en décembre 2008, le Gouvernement a déposé à l’Assemblée nationale, un projet de loi comprenant un train de mesures de simplifications administratives.

Parmi ces mesures, il est proposé de simplifier la procédure d’autorisation des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE). Les installations industrielles et agricoles susceptibles de générer des nuisances relèvent actuellement de deux régimes en fonction de leurs impacts et des risques potentiels qu’elles font courir à la population avoisinante.

Le régime le plus contraignant prévoit une autorisation préalable au fonctionnement (régime d’autorisation) et concerne 54.000 établissements. 450.000 établissements sont soumis au deuxième régime qui repose sur une simple déclaration d’activité (régime de déclaration).

En termes de procédure, le régime déclaratif s’appuie sur un dossier présenté au préfet qui ne peut, sauf si ce dossier est incomplet, s’opposer au projet.

L’autorisation repose sur une procédure plus complète qui nécessite la production d’un dossier soumis à une enquête publique, aux avis des services de l’État et à un passage devant le Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques. Estimant que le palier entre les deux régimes est trop important et que de nombreuses industries sont contraintes de répondre au régime d’autorisation alors que leurs impacts sont limités et connus, le Gouvernement souhaite instaurer un régime intermédiaire correspondant à une autorisation simplifiée.

Le projet de loi autorise donc le Gouvernement à prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre en place ce nouveau régime à travers une ordonnance.

Il s’agira d’adapter la procédure d’information et de participation du public, la nature des prescriptions à respecter et les modalités du contrôle de ces installations, en fonction de la gravité des dangers, tout en tenant compte des impacts cumulés sur l’environnement causés par des installations classées exploitées sur un même site ou ayant des incidences sur un même milieu environnant, peut-on lire dans le projet de loi.

Autrement dit, seules les installations les plus dangereuses, correspondant aux trois principales directives communautaires concernées : les directives 96/82/CE Seveso (risque majeur), 96/61/CE IPPC (réduction intégrée des pollutions) et 85/337/CEE( études d’impact), méritaient de rester soumises à une autorisation en bonne et due forme, soit environ 15 000 ICPE.

Les deux tiers des ICPE soumises à autorisation pourraient donc migrer en plusieurs « vagues » vers un régime d’autorisation simplifié.

Les caractéristiques annoncées du nouveau régime sont les suivantes :

–possibilité de refus de la part de l’État ; –utilisation de prescriptions-type définies au niveau national a priori ; –procédure simplifiée et tournée vers la garantie du respect des prescriptions-type par l’exploitant ; –consultation simplifiée des acteurs (utilisation d’Internet) ; –possibilité de renforcer les prescriptions-type nationales lorsque les exigences de protection de l’environnement local l’imposent (zone sensible, zone déjà fortement polluée) .

La proposition a été discutée à l’Assemblée nationale mais n’a pas convaincu certains députés de l’opposition qui craignent que ne soient supprimées par ordonnance l’étude d’impact, l’étude de danger et l’enquête publique.

Selon eux, cette mesure revient à amoindrir le contrôle des entreprises polluantes et à limiter la transparence des projets. Si nous supprimons ces procédures nous verrons les riverains se mobiliser, estimant que l’on cherche à leur cacher quelque chose, estime le député PS François Brottes.

Argument refusé par les députés favorables à cette mesure.

L’instauration de l’autorisation simplifiée ne vise certainement pas à faire passer en catimini et sans enquête publique des installations dangereuses, explique Laure de La Raudière, rapporteur du projet de loi.

La proposition a donc été adoptée mais elle a été amendée.

Le régime simplifié s’appliquera aux installations pouvant relever de prescriptions standardisées et le préfet aura la possibilité de soumettre une installation au régime normal d’autorisation si l’instruction du dossier fait apparaître des risques particuliers ou cumulés.

De plus, dès qu’une demande d’autorisation d’installation classée sera déclarée recevable, le préfet en informera le maire de la commune concernée.

Le projet de loi doit maintenant être discuté par les sénateurs.

Si cette mesure est définitivement adoptée, elle pourrait concerner 20% des installations soumises aujourd’hui à autorisation selon le gouvernement.

Selon la Fédération d’associations France Nature Environnement, fortement opposée à cette réforme, ce sont plutôt deux tiers des ICPE soumises à autorisations qui pourraient migrer en plusieurs « vagues » vers un régime d’autorisation simplifiée.

Pour FNE, il s’agira donc d’un régime très dérogatoire aux enjeux de responsabilité environnementale dont seront victimes la santé et l’environnement, les associations qui deviennent des observateurs lointains, les élus locaux qui recevront les plaintes des riverains, les industriels à qui l’on promet en vain une réduction de la durée d’instruction des dossiers et l’administration qui ne verra pas ses moyens augmenter.

Toujours plus d’installations, toujours moins d’informations, toujours plus de responsabilité des inspecteurs, toujours moins de moyens ! résume la fédération.

FNE a fait part de ces remarques aux députés et sénateurs en leur proposant la création d’un groupe de travail au format Grenelle pour réfléchir à la manière de concilier l’investissement industriel avec une protection de l’environnement de haut niveau.

Mais cette proposition n’a pas eu d’écho au Parlement.

Le Conseil économique et social n’aura-t-il d’environnemental que le nom?

Mardi 24 février 2009

JDLE: Le Conseil économique et social (CES) est aussi devenu «environnemental» l’été dernier. Dans les faits, sa composition n’a pas changé. Le débat a certes évolué avec la remise d’un rapport au président de la République sur sa réforme. Mais à 7 mois du renouvellement de ses membres, le délai pour réformer la troisième assemblée de France est très court.

Dans quelle institution les 233 conseillers de la troisième assemblée de France, alors fraîchement désignés, démarreront-ils leurs travaux le 1er septembre prochain? Un Conseil économique et social (CES) vieille école, dans lequel ne seraient pas incluses les associations environnementales? ou un véritable Conseil économique, social et environnemental (CESE), rebaptisé ainsi depuis la loi constitutionnelle de juillet 2008 (1)?

Le fait n’est pas mineur, puisque la réforme du CES est censée «incarner l’esprit qui a soufflé pendant le Grenelle», rappelle Sébastien Genest, président de France nature environnement (FNE). Le fameux dialogue à 5 entre Etat, élus, entreprises, syndicats et associations environnementales. Trois engagements issus des Etats généraux de l’environnement ont «acté» la réforme. Mais le petit tour de passe-passe sémantique ne suffit pas à dépoussiérer le CES. Seuls deux membres de sections («demi-conseillers» ne pouvant assister aux réunions plénières) sont des représentants d’organisations environnementales –FNE et Fondation Nicolas Hulot.

Un rapport intitulé «Pour une réforme du Conseil économique, social et environnemental» a été remis le 16 janvier dernier au président de la République. Sur l’inclusion des associations environnementales, l’auteur du rapport, Dominique-Jean Chertier, directeur général adjoint de Safran et président du Pôle emploi renvoie au rapport du député Bertrand Pancher sur la représentativité de ces organisations.

Dominique-Jean Chertier –qui n’a pas souhaité répondre aux questions du JDLE- propose trois scénarios: le premier, le plus étoffé, correspond à une «adaptation périodique (…) moyennant quelques ajustements immédiats, puis réguliers, dans [la] composition» du CESE. Les deux autres correspondent à une «rupture» dans le rôle de l’assemblée: une évolution, soit en «assemblée des experts de la société civile» avec un renforcement de la capacité d’expertise de l’institution; soit en «assemblée des corps intermédiaires», où les personnalités qualifiées n’auraient plus vocation à siéger.

Dans le premier scénario, 24 sièges pourraient être alloués aux associations environnementales. Pour assurer une bonne représentativité de ces associations, elles devraient obtenir 40 sièges, selon FNE.

Le nombre de membres du CESE étant constitutionnellement fixé à 233, l’entrée de nouveaux représentants en mécontentera forcément d’autres. «Nous regrettons que l’ouverture aux associations se limite aux acteurs environnementaux. Et la culture? et le sport?, s’interroge Pierre-Jean Rozet, président du groupe CGT au CESE. Dominique-Jean Chertier propose de faire passer le nombre de représentants des exploitants agricoles de 25 à 20 -ils ne représentent que 1,1% de la population active… A-t-on aussi besoin d’une représentation territoriale de l’Outre-mer, alors qu’elle est déjà au Parlement?»

Pour Paul de Viguerie, «se limitera-t-on strictement aux associations environnementales, ou embrassera-t-on tous les aspects du développement durable?» Le rapporteur de l’avis du CESE sur la mise en œuvre du Grenelle réfute les deux derniers scénarios, «qui ne donneront pas de visibilité à l’assemblée» et regrette que «tout le monde [voie] midi à sa porte. Cela crée des méfiances et des tensions. Dans une affaire comme celle-là, il faut une décision d’arbitrage, qui sera donnée par l’Elysée.» Et de rappeler que, CES environnemental ou non, plus de 70 rapports liés à l’environnement ont été rendus depuis l’adoption du protocole de Kyoto, en 1997.

La question de la réforme du CESE est d’autant plus pressante que ses 233 conseillers –désignés pour 5 ans par les organisations professionnelles– doivent être renouvelés d’ici le 1er septembre 2009. Ce qui suppose une loi organique, des décrets d’application, la désignation des nouveaux conseillers par les organisations. Le tout en moins de 7 mois…

Il faudrait donc que l’examen du projet de loi organique démarre au plus tard la première quinzaine de mars. Or, rien n’est encore inscrit au calendrier parlementaire… «Personne ne comprendrait que l’objectif ne soit pas atteint, alors que nous sommes dans une logique de transition environnementale», prévient Sébastien Genest.

Les zones humides auront leur groupe d’étude national

Mardi 24 février 2009

JDLE : « Suite à son déplacement dans le Calvados à l’occasion de la journée mondiale des zones humides (lundi 2 février), la nouvelle secrétaire d’Etat à l’écologie, Chantal Jouanno, a annoncé la création d’un groupe national sur le sujet. Constitué sur le modèle de gouvernance à 5 du Grenelle de l’environnement (représentants de l’Etat, partenaires sociaux, organisations syndicales et patronales, associations de la société civile et collectivités territoriales), il sera chargé de présenter un bilan des dispositions de gestion durable et des propositions de mesures incitant à la préservation et à la restauration des zones humides.

Ces zones, définies comme des zones de transition entre le milieu terrestre et le milieu aquatique, et caractérisées par la présence d’eau, en surface ou dans le sol (selon l’Observatoire national des zones humides), sont des milieux de vie très riches en termes de diversité biologique, et indispensables à la survie de nombreuses espèces animales et végétales. S’il n’en existe pas d’inventaire exhaustif, la France possède de nombreuses zones de ce type, comme la Camargue ou encore la baie du mont Saint Michel pour les plus connues. Au regard de leur importance écologique, il a d’ailleurs été prévu dans le cadre du Grenelle de l’environnement l’acquisition de 20.000 hectares de zones humides par les agences de l’eau et le Conservatoire du littoral, en vue de leur valorisation. »

Valorisation des déchets organiques à Lorient au salon Terre!

Mardi 24 février 2009

Actu Environnement – 3 fev 09: « Après plusieurs années d’amélioration de son tri sélectif, l’agglomération Cap l’Orient espère faire labellisée son compost par l’écolabel européen. Produit à partir des biodéchets ménagers, ce compost est également utilisable en agriculture bio.

salon-terreÀ l’occasion de son salon « Terre ! » qui se déroulera début mars prochain, l’agglomération de Lorient met en avant sa politique de gestion de déchets. La Communauté d’Agglomération du Pays de Lorient ou CAP l’Orient regroupe 190.000 habitants répartis dans 19 communes. En 2000, l’agglomération a choisi de mettre en place une collecte sélective des emballages et des déchets organiques ménagers en porte-à-porte et une collecte sélective du verre et des journeaux-magazines en apport volontaire. L’agglomération a cherché une organisation acceptable pour les populations et surtout une alternative à l’incinération, explique Olivier Catalogne, Chef du Service Déchets Ménagers de l’agglomération.

Pour collecter un maximum de déchets, l’ensemble des 90.000 foyers de l’agglomération même les habitats collectifs, ont été équipés de « bio-seaux » à installer dans les cuisines, de sacs biodégradables et de conteneurs spécifiques pour les biodéchets. La taille des conteneurs pour les ordures résiduelles a parallèlement été réduite pour inciter au tri. La collecte a officiellement débuté en 2003 et depuis les résultats sont au rendez-vous : depuis deux ans les volumes collectés augmentent de 7 à 8% par an et nous avons récupéré en 2008, 7.000 tonnes de biodéchets soit 38 kg/hab/an, explique Olivier Catalogne. Côté qualité, l’agglomération est également satisfaite car le taux d’indésirable est faible : entre 1 et 6% du poids selon les quartiers. De plus, il n’y a pas eu un transfert trop important des déchets verts habituellement déposés en déchetterie vers les biodéchets. Les déchets de cuisine représentent 60% des biodéchets.

Une fois collectés, ces bio-déchets sont regroupés vers l’unité de traitement biologique où ils sont compostés. Les déchets restent 4 semaines environ dans les tunnels de traitement avant d’être affinés. Le substrat obtenu est ensuite déferaillé, criblé, trié avant d’être officiellement dénommé compost.

Selon les analyses, le compost de Lorient répond aux exigences qualitatives de la norme NF U 44-051 relative aux amendements organiques, norme révisée en 2006 et qui sera obligatoire le 28 février prochain pour les composts de bio-déchets. Grâce à la qualité du tri, le compost de l’agglomération répond également aux exigences de l’écolabel européen. Un dossier de labellisation est d’ailleurs en cours d’instruction. De plus, depuis 2008, le compost répond aux exigences du référentiel de l’agriculture biologique.

Aller encore plus loin en vue de limiter l’enfouissement

Le centre de traitement de Cap l’Orient est prévu pour composter 16.000 tonnes par an de déchets dans un objectif de production de 6.000 tonnes par an de compost. Pour l’instant l’unité fonctionne à moitié de ses capacités et produit 2.500 tonnes de compost par an. L’intégralité est commercialisée auprès d’une vingtaine d’agriculteurs de l’agglomération et mise à la disposition des communes pour leurs espaces verts. Mais l’agglomération ne compte pas en rester là et prévoit d’améliorer sa collecte car selon les derniers contrôles, il reste encore entre 17 et 36% de biodéchets dans les ordures résiduelles. Des industries agroalimentaires ont également pris contact avec l’agglomération afin d’envisager une prise en charge de leur déchets.

Parallèlement à la mise en place de ses collectes sélectives, l’agglomération de Lorient a fait le choix d’enfouir ses ordures résiduelles. Mais ces dernières sont préalablement stabilisées : elles subissent un pré-traitement similaire au compostage afin de réduire la part de déchets fermentescibles restante et ainsi réduire les quantités de déchets stockées. Cela permet de réduire de 30% le poids total des déchets enfouis, explique Olivier Catalogne.

Une valorisation matière que le Grenelle veut développer

Cap l’Orient fait partie des 60 collectivités françaises qui ont choisi de mettre en place un traitement de leurs déchets organiques. Regroupées au sein du Réseau Compost Plus, ces collectivités partagent leur expérience régulièrement pour encourager d’autres communes. Lorient a d’ailleurs accueilli la deuxième rencontre organisée par le réseau en octobre dernier.

Dans le cadre du Grenelle de l’environnement, ces initiatives devraient être encouragées. Le projet de loi Grenelle 1 fixe en effet des objectifs de réduction des quantités de déchets partant en incinération ou en stockage : -15% d’ici 2012. Outre la réduction de la production à la source, le détournement des déchets fermentescibles vers le compostage ou la méthanisation est un moyen d’atteindre ces objectifs. Le projet de loi prévoit ainsi d’augmenter le taux de recyclage matière et organique de 24% en 2004 à 35% en 2012 et 45% en 2015.

Vigilance sur les antennes relais…

Mardi 24 février 2009

Ouest France : Interview de Jacqueline Caplat, présidente de APRES, association de l’environnement des Côtes d’Armor.

Bouygues Télécom vient d’être condamné à démonter des antennes relais dans le Rhône. Est-ce une victoire pour une association comme la vôtre, préoccupée par l’implantation des antennes relais de téléphonie mobile ?

Pas une victoire, non. Nous ne sommes pas en guerre. Mais c’est un pas en avant. Cela permet de donner une visibilité à la problématique posée par les antennes relais, et d’aller vers une prise en compte des risques possibles. Nous espérons que cela va faire avancer l’intérêt que les citoyens, les pouvoirs publics et les scientifiques portent à ce sujet.

C’est donc une étape importante pour l’application du principe de précaution appliqué aux antennes relais…

C’est la première fois que le principe de précaution est retenu. Cette décision va certainement amener d’autres riverains à effectuer la même démarche. Ce cas peut faire jurisprudence.

Souhaitez-vous que d’autres antennes relais soient démontées ?

Pas vraiment. Nous demandons une vigilance sur ce sujet, mais nous ne nous opposons pas aux téléphones mobiles. Ce que nous voulons, c’est une réflexion territoriale de l’implantation des antennes, et une limitation de leur puissance. Ce que nous ne voulons pas, c’est que le principe de précaution soit ridiculisé. Et là, nous avons gagné en crédibilité.

Bonjour tout le monde !

Mardi 24 février 2009

Voici le nouveau blog de Côtes d’Armor Nature Environnement. Afin d’avoir une interface sympathique et l’actualité environnementale des Côtes d’Armor, de Bretagne et de France actualisée, nous avons décidé de vous mettre à disposition cet outil qui s’appelle un BLOG.

A chaque actualité, vous pouvez émettre vos avis et commentaires…soulever des enjeux environnementaux en lien avec les articles, vous faire le porte parole de projets similaires sur votre territoire…et ainsi de suite….

Nous vous attendons nombreux pour échanger sur l’actualité du moment.

Au plaisir de vous entendre!