Algues vertes, une plainte pour homicide

La famille du chauffeur mort après avoir transporté des algues poursuit son combat. Elle veut faire toute la lumière sur le décès.

 

Les visages graves, les banderoles et le silence auraient pu suffire… Mais c’est au son du biniou que le comité de soutien a souhaité faire son entrée au palais de justice de Saint-Brieuc aux côtés de la famille Morfoisse.

 

Hier, donc, la famille de Thierry Morfoisse, ce chauffeur de 48 ans mort l’été dernier après avoir transporté des algues en décomposition, de Binic а Lantic, a déposé plainte contre X pour homicide involontaire auprès du doyen des juges d’instruction de Saint-Brieuc. « On veut défendre la mémoire salie de notre fils », ont justifié sur les marches du palais Jeanne et Claude Morfoisse.

 

Pourquoi le doyen des juges d’instruction ? « Le procureur de la République de Saint-Brieuc a décidé de classer sans suite ce dossier, explique Me Marc Cazo, l’avocat des proches du chauffeur. La famille Morfoisse m’a donc demandé de saisir le doyen pour faire toute la lumière sur ce décès. »

 

Car les proches de la victime n’ont jamais cru а la thèse de la « récidive d’infarctus du myocarde », thèse retenue par le parquet. Encore moins depuis que trois scientifiques ont établi, début mars, « un lien direct » entre la mort du chauffeur et l’inhalation d’hydrogène sulfuré dégagé par les algues en décomposition.

 

Cette plainte pour homicide involontaire avec constitution de partie civile est une nouvelle étape dans le combat de la famille et des associations environnementalistes. Une étape qui pourrait être longue. « Plusieurs mois, voire plusieurs années », prévient Me Cazo.

 

François GRÉGOIRE – Journal Ouest-France du vendredi 23 avril 2010

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