Grenelle de la Mer Associations-syndicats : le rassemblement s’élargit

20 mai 2009

Par une déclaration intitulée « pour une pêche écologiquement et socialement responsable », les trois organisations, CGT, CFDT, FNE, ont pris l’initiative d’une plate-forme commune sur la pêche rendue publique la semaine passée, à l’occasion des troisièmes réunions des groupes de travail. Elles se réjouissent d’être désormais rejointes par la CFE-CGC.

Les quatre organisations souhaitent que ce texte crée une dynamique. Elles appellent les autres acteurs du Grenelle qui s’en sentent proches, à le rejoindre. Ensemble, nous pouvons l’enrichir.

Cette plate-forme se veut ouverte à d’autres structures soucieuses de fonder les conditions d’une pêche écologiquement, socialement et économiquement soutenable, ce qui appelle de profondes réorientations.

Ces réorientations nécessaires, qu’il convient de mener au plan national et au plan européen, mais aussi au plan international, touchent à une multitude de registres : développement des connaissances ; protection efficace des populations de poissons, des autres espèces marines, et des écosystèmes ; amélioration et requalification du travail en mer ; renforcement des contrôles environnementaux et sociaux sur mer et sur terre ; qualité, traçabilité et accessibilité des produits alimentaires de la pêche ; renforcement de la recherche publique alors que ses moyens financiers et humains se contractent, mais aussi implication forte de la recherche privée qui doit assumer ses responsabilités; adaptation aux dérèglements climatiques, transformation ou reconversion de certaines activités ; nouvelles activités et nouveaux métiers ; participation de l’ensemble des acteurs et nouvelle gouvernance nationale et locale ; etc.

Nos organisations se sont déjà mises d’accord sur une grande majorité de questions de fond, en dépit de la complexité et de l’intensité du dossier pêche. La plate forme doit maintenant constituer un élément substantiel des décisions de ce Grenelle sur lesquelles le gouvernement doit s’engager.

Elles vont poursuivre leur travail commun pour résoudre les questions qui peuvent encore faire débat : appréciation et étude de la situation concrète des impacts des activités sur la biodiversité, perspectives de certaines pêcheries et cohérence mondiale de protection de certaines espèces véritablement en danger comme le thon rouge, gestion économique et sociale de certaines adaptations et transitions, démocratisation des décisions…

Ces organisations entendent poursuivre et étendre leur dialogue sans exclusive sur les autres questions maritimes, tout aussi importantes : transports, industries marines, conditions d’exploitation des ressources, aménagement des littoraux, gouvernance, questions spécifiques à l’outre-mer, secteur public maritime, moyens et financements. Et elles vont naturellement porter ensemble leurs propositions communes. Elles sont décidées à continuer ce travail après le Grenelle.

Rendez-vous sera pris courant juin pour faire un premier bilan commun des objectifs atteints, des points d’accord entre les organisations qui n’auraient pas été repris à la table ronde finale, des points restant à résoudre entre organisations, et surtout, des actions à mener pour la mise en œuvre concrète des engagements tant au niveau national (loi de finances, etc) et européen que sur le terrain, ainsi que des actions à mener au plan international.

Les positions communes, preuve d’un dialogue qui se veut constructif, donnent de la force en faveur de la prise en compte des enjeux écologiques et sociaux qui imposent l’invention d’une nouvelle forme d’économie.

Ce Grenelle de la Mer ne doit pas être une occasion manquée. Il doit au contraire engager les ruptures concrètes permettant de sortir de la crise écologique, sociale et économique. Il faut changer les politiques maritime et industrielle qui s’y rattachent.

Le développement durable authentique- soutenable, responsable et désirable – doit devenir une grille de lecture commune à tous les acteurs qui veulent transformer la crise actuelle en cette « opportunité choisie » à laquelle aspire l’ensemble de la société. Ce qui exigera notamment une gouvernance profondément renouvelée.

Télécharger la plate-forme Pour une pêche économiquement et socialement responsable en PDF

L’émission Thalassa « accélère la prise de conscience »

21 avril 2009

Thierry Dereux, président de la fédération de Côtes-d’Armor Nature Environnement, réagit à l’émission Thalassa diffusée le 10 avril sur France 3 : « La somme des pollutions dénoncées dans notre département est impressionnante et a choqué un certain nombre de téléspectateurs. Rappelons qu’il y a deux ans, un numéro de Thalassa montrait exclusivement des aspects positifs, sans dévoiler les dessous de l’image. Habitants permanents ou saisonniers, nous sommes tous des citoyens responsables. Il est temps de ne plus se cacher la tête dans le sable. Les problèmes environnementaux et sanitaires (pollution de l’eau, algues vertes) sont bien là. Il est à l’honneur d’une émission de service public d’accélérer la prise de conscience afin que des mesures efficaces soient prises. Il est à souhaiter que les polémiques nées de ces reportages permettent qu’enfin image et réalité ne fassent plus qu’un. » (Ouest France, 22 avril 2009)

Semaine du Développement Durable: Faire de ses achats, un vote quotidien pour la planète !

1 avril 2009

La 7e édition de la Semaine du développement durable commence demain 1er avril. Plus de 4.000 manifestations seront organisées dans toute la France pendant 7 jours pour encourager les citoyens à agir au quotidien en consommant  »durable ».

caddie

Organisée par le Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire (MEEDDAT), la Semaine du développement durable se tiendra du 1er au 7 avril 2009 et aura pour thème, dans la continuité de 2008, la Consommation durable. Cette semaine se déroule chaque année et mobilise tous les acteurs pour informer et sensibiliser le public aux 3 composantes (environnement, économie et social) du développement durable et sur leur nécessaire complémentarité. Cette opération permet de motiver et de soutenir des changements de comportements pour un passage à l’acte, en expliquant les bonnes pratiques quotidiennes à adopter en faveur du développement durable.

Consommer autrement, c’est aussi faire des économies

Alors qu’en France, 360 kg de déchets sont produits par an et par habitant et que les transports représentent 35 % des émissions de CO2, il s’agit de faire des économies en consommant autrement et agir pour le développement durable au quotidien.

Animations en Bretagne

Vous trouverez toutes les animations organisées pendant la Semaine du Développement Durable sur le lien suivant:

http://www.semainedudeveloppementdurable.gouv.fr/sdd/spip.php?page=spip

Agrocarburant E 10 : une arnaque pour le consommateur et pour l’environnement- Communiqué de France Nature Environnement

1 avril 2009

A compter du 1er avril, les automobilistes pourront se servir en SP 95 – E 10 : en pleine semaine du développement durable, le sommet du greenwashing est atteint !

E10 : un carburant pas vert et à côté de ses pompes !
Malgré la multiplication des rapports (FAO, OCDE, Commission européenne..) sur les dangers des agrocarburants, la France a choisi de prendre de l’avance sur les objectifs européens en distribuant un carburant que l’Allemagne vient d’interdire.

Pour Sébastien Genest, président de FNE : « L’E 10 n’a rien de bio ! Les sénateurs viennent d’ailleurs d’inscrire dans la loi l’expression « agrocarburant » en lieu et place de « biocarburant ». Utiliser des plantes alimentaires pour remplir l’estomac des voitures, plutôt que celui des Hommes ne permet pas de répondre aux dérives de l’agriculture intensive et à la faim dans le monde… »

E 10 : un mauvais poisson d’avril
Arnaud Gossement, porte-parole de FNE ajoute : « En pleine semaine du développement durable, autoriser l’E10 un 1er avril relève d’une mauvaise blague. L’E 10 n’est bon ni pour la planète, ni pour le portefeuille. L’ E10 coûtera sans doute le même prix que le SP 95 actuel mais il en faudra davantage pour rouler autant… En réalité, l’E 10 est une offre inutile à une demande inexistante, le tout pour un résultat négatif ».

Le développement des agrocarburants pose un problème éthique majeur : un plein de 4×4, c’est 250 kg de céréales, soit la ration d’un homme pendant un an. France Nature Environnement rappelle que plus de 850 millions de personnes dans le monde souffrent de la faim.

Jean-Luc Kokel focalise sur les algues vertes

1 avril 2009

Ouest france:

Auteur photographe depuis huit ans, amoureux de la Bretagne, il vient de s’installer à Plerneuf.

Jean-Luc Kokel, auteur-photographe installé à Plerneuf, vient de se distinguer aux Photographies de l’année, concours national ouvert à tous les professionnels. Il termine troisième dans la catégorie environnement avec un cliché d’algues vertes ! (voir photo ci contre). « Je suis installé en Bretagne depuis un peu plus d’un an. J’avais entendu parler du phénomène des algues vertes mais je n’en mesurais pas l’importance ! C’est en retournant à Planguenoual en été, où j’étais venu faire des prises de vue en hiver, que j’ai découvert ce que c’était : il y en avait partout, c’était impressionnant. »

« Je vois les choses à travers la photo »

algue

Si Jean-Luc Kokel n’avait pas encore été confronté  aux algues vertes c’est parce qu’il est installé depuis peu de temps en Bretagne. Originaire de Croix, dans le Nord, ce « pur Ch’ti flamand », comme il le souligne en souriant a pratiqué durant de nombreuses années la photographie opthalmologique au CHRU de Lille. Une spécialité très technique dans laquelle on emploie de multiples procédés de prises de vue et d’exploration. « Je pratique la photographie depuis l’âge de 17 ans. Je ne sais pas écrire, pas dessiner. Je vois les choses à travers la photo. » À l’âge de 52 ans, il fait le grand saut, quitte le CHU et s’installe à Brives, en Corrèze, comme auteur-photographe, où il fera beaucoup de photos aériennes pour le conseil général. Jean-Luc Kokel confie ne pas trop pratiquer le portrait. « C’est pas mon truc. J’ai toujours l’impression de voler quelque chose. » Il aime plutôt photographier des graphismes, l’architecture, les paysages. « Il ne faut pas croire, faire un beau paysage ce n’est pas si facile. »

Au bout de sept ans, las des « ciels soit bleus soit couverts de Corrèze », il part s’installer en Bretagne. Pourquoi la Bretagne ? Parce qu’il en est tombé amoureux gamin, quand il avait 12 ans, lors de vacances avec ses parents à Saint-Lunaire. Parce que la Bretagne offre des lumières magnifiques toute l’année, parce qu’il aime les gens d’ici, leur culture. « Je sillonne la Bretagne afin de faire des prises de vue de spectacles, de festoù-noz, danseurs, musiciens… » Et à la question : pourquoi n’est-il pas venu avant ? Il répond : « Je n’étais probablement pas prêt, sinon je m’y serai installé avant. »

France cherche à rééquilibrer sa stratégie de recherche de l’énergie

12 mars 2009

JDLE: La stratégie nationale de recherche dans le domaine énergétique est insuffisante, tant sur le fond que sur la forme. Le constat est tiré d’un rapport de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) rendu public mercredi 4 mars. Il a été réalisé par les députés Claude Birraux (UMP, Haute-Savoie), président de l’office, et Christian Bataille (PS, Nord), qui ont notamment contribué à définir les axes de recherche dans le domaine du nucléaire depuis les années 1970.

L’élaboration d’une telle stratégie est réclamée par la loi de programme fixant les orientations de la politique énergétique du 13 juillet 2005 (dite loi Pope). Ce document réalisé par les ministères de la recherche et de l’industrie pour 5 ans l’a été pour la première fois en mai 2007. Et son évaluation par l’Opecst est aussi prévue par la loi (1). Les deux députés ont commencé l’évaluation en janvier 2008.

«Cette stratégie se présente plutôt comme une stratégie a priori, sans approche d’ensemble, au cas par cas», relève Christian Bataille. Selon le député, aucun des deux ministres n’a endossé le contenu, passé quasi inaperçu puisque publié au lendemain de l’élection présidentielle de 2007.

Sur le fond, les députés appellent «à un rééquilibrage de l’investissement en faveur des énergies renouvelables (ENR), dans lesquelles un tri se fera avec le temps». En 2006, sur les 797 millions d’euros de dépense publique de recherche en énergie, 477 millions (environ 60%) étaient consacrés au nucléaire, 106 millions (13%) aux hydrocarbures fossiles et 52 millions (6,5%) aux énergies renouvelables. Le rééquilibrage ne devant pas se faire au détriment du nucléaire, «il faut faire croître l’ensemble du budget consacré aux ENR», selon Christian Bataille.
Pour Claude Birraux, la stratégie nationale de recherche ne fait que valider a posteriori des efforts déjà engagés sur le front des nouvelles technologies. Le rapport préconise, pour le photovoltaïque, que l’effort de recherche soit accompagné d’une forte mobilisation du secteur du bâtiment; et pour l’éolien, que l’accent soit mis sur les capacités de stockage et l’étude d’atolls artificiels de stockage d’énergie en mer qui permettent de résoudre le problème de stockage et l’intermittence de cette énergie. Le développement des énergies marines devrait être concentré sur les zones littorales dépourvues de centrales électriques. L’Institut français du pétrole (IFP) devrait mieux anticiper la disparition des hydrocarbures fossiles en se diversifiant.

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Sur la forme, le rapport préconise que la prochaine stratégie soit élaborée selon une méthode plus rigoureuse, avalisée au moins par les ministres de la recherche et de l’énergie, au mieux par le Premier ministre, présentée en Conseil des ministres, puis publiée au Journal officiel. Cette stratégie doit se fixer une feuille de route avec des bilans à moyen terme. Un poste de Haut commissaire à l’énergie, et plus seulement atomique, doit être créé pour garantir la cohérence entre recherche et politique de l’énergie: à chaque priorité nationale énergétique son haut commissaire, qui devrait rendre compte de l’avancement des travaux au gouvernement et au Parlement. Et la Commission nationale d’évaluation devrait évaluer les recherches annuellement, sous contrôle de l’Opecst.

Une vague de déchets menace les océans

12 mars 2009

JDLE: Les écosystèmes, le tourisme et la pêche sont menacés par une vague d’ordures présentes dans les eaux mondiales, selon un rapport d’Ocean Conservancy paru mardi 10 mars.

dechet-mer L’ONG américaine rend compte pays par pays de la quantité de déchets présents dans les eaux mondiales dans son index des débris marins. L’édition 2008 fait état de 11.077 couches pour bébé aux Philippines, 19.504 filets de pêche au Royaume-Uni et plus d’un million de mégots de cigarettes aux Etats-Unis.

Ces données, et ces déchets, ont été collectés sur les littoraux et dans les cours d’eaux de 104 pays et 42 Etats américains par 400.000 volontaires lors du vaste nettoyage côtier annuel, organisé pour la 23e fois par l’organisation américaine. Au total, 3.400 tonnes de déchets ont été collectées par l’ONG au cours de l’année 2008.

Les mégots, les sacs plastique et les emballages alimentaires figurent dans le trio de tête des 43 objets les plus fréquemment collectés.

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Fermeture du centre de tri des Chatelets pour six mois…

6 mars 2009

Ouest France: Fermeture du centre des Chatelets pour six mois, hausse du coùt de traitement des ordures,baisse des recettes liées au tri sélectif… La liste est longue.
Questions-Réponses

illustration-dechetterieLe centre de traitement des Chatelets est fermé pourquoi ?
L’usine de traitement des ordures ménagères a fermé le 28 février car elle n’est plus en mesure de fournir un compost de qualité, répondant à la nouvelle norme en vigueur. L’usine doit réduire les quantités de plastiques, de métaux lourds et autres matiéres non compatibles avec l’agriculture qui sortaient des Chatelets jusque-l¨¤.

Combien de temps cela va-t-il durer ?
Le temps d’adapter le matériel (pose d’une sorte de tamis supplémentaire en bout de chaîne). Soit pendant six semaines environ. Cette solution ne sera qu’une solution a minima, car les ¡¡ refus ¡¡, augmenteront tout de même de 15 % par rapport à avant.

Où vont nos déchets en attendant ?
à Planguenoual, en vue d’une incinération ultérieure. Le syndicat du Penthièvre a accepté de mettre nos déchets en balles et de les stocker en attendant leur traitement.

Est-ce que ça va nous coûter cher ?
Le coût de ces ¡¡ refus ¡¡ supplémentaires va obligatoirement peser sur le budget du Smictom. Environ 700 000 euros de charges supplémentaires par année. Pour s’adapter, le Smictom prévoit des investissements qui devraient s’élever de 15 millions à 18 millions d’euros.

Pourquoi c’est si cher ?
Parce que nous n’avons pas de centre d’enfouissement à proximité et que l’on transporte les déchets ultimes, les refus, jusqu’à 150 km d’ici, en Mayenne.

Où iront les investissements ?
Deux hypothèses sont étudiées : l’une privilégie le compostage strict, la seconde prévoit la méthanisation des déchets. Le choix définitif devrait intervenir dans les tout prochains mois, mais en prenant en compte les besoins de nos voisins (syndicats du Penthièvre et de Launay-Lantic).

Je ne comprends pas : plus je trie, plus ça me coûte cher
C’est vrai. Le coût de traitement des ordures a progressé plus vite que les recettes engendrées par la valorisation des déchets. Les normes ont évolué aussi. Mais sans le tri, le traitement des ordures ménagères coûterait 800 000 euros de plus à la collectivité, soit environ 20 euros de plus par ménage et par an.

Pourquoi la collecte sélective rapporte-t-elle moins qu’avant ?
Un seul exemple, la valeur des produits recyclables a chuté de moitié en un an. C’est autant de recettes en moins. Une poubelle jaune rapporte aujourd’hui 20 euros à la tonne au Smictom, contre 80 euros la tonne en septembre 2008.

Le «Grenelle» de la téléphonie mobile aura lieu le 26 mars

6 mars 2009

JDLE: La table ronde sur les impacts sanitaires potentiels des téléphones mobiles et des antennes-relais, initialement prévue pour le 19 mars prochain, aura finalement lieu le 26, selon une dépêche AFP.

Cette annonce survient alors que Bouygues Telecom et SFR ont été condamnés à démonter des antennes-relais, le 4 et le 16 février, notamment en raison des incertitudes quant à leur impact sanitaire (1, 2).

La table ronde réunira opérateurs, élus locaux, associations et profeimage-antennessionnels de santé. Elle sera pilotée par la ministre de la santé, Roselyne Bachelot, en liaison avec la secrétaire d’Etat à l’écologie, Chantal Jouanno et la secrétaire d’Etat au développement de l’économie numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet.

Dans sa lettre de mission, le Premier ministre François Fillon souhaite que cette table ronde «Radiofréquences, santé et environnement» fasse la distinction entre téléphone et antenne, selon un article du Nouvel Observateur. Le gouvernement partirait du principe que «l’hypothèse d’un risque pour la santé» des riverains d’antennes «ne peut être retenue en l’état actuel des connaissances scientifiques», mais que «l’approche de précaution paraît justifiée» pour les téléphones mobiles, précise le Figaro. Nathalie Kosciusko-Morizet, à l’origine de cette idée de «Grenelle des ondes», estime que régler ce dossier devant les tribunaux serait la pire des solutions.

L’Académie de médecine a également réagi aux décisions judiciaires. Elle indique que les antennes ne présentent aucun risque démontré et met en garde contre une «interprétation subjective du principe de précaution». «Les antennes de téléphonie mobile entraînent une exposition aux champs électromagnétiques 100 à 100.000 fois plus faible que les téléphones portables: être exposé pendant 24 heures à une antenne à 1 volt par mètre donne la même exposition de la tête que téléphoner avec un portable pendant 30 secondes», relève-t-elle dans son communiqué. Or, à ces niveaux d’exposition, aucun effet sur la santé ne serait connu, selon la société savante qui rappelle que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Scenihr (3) ont conclu à l’absence de risque des antennes. L’Académie de médecine s’étonne par ailleurs que «l’arrêt de la Cour d’appel de Versailles puisse s’appuyer sur une erreur scientifique manifeste en prenant en compte le ‘risque démontré’ de champs d’extrêmement basse fréquence émis par ces antennes de téléphonie mobile [alors qu’elles] émettent exclusivement en haute fréquence».

Le plan de rénovation thermique des bâtiments officiellement lancé

6 mars 2009

JDLE: Deux conventions ont été signées au ministère de l’environnement, jeudi 26 février, pour officialiser le lancement du plan pour la rénovation thermique des bâtiments existants. Un comité stratégique chargé d’évaluer l’avancement du chantier a été créé.

L’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) et la rénovation thermique des 800.000 logements sociaux les plus énergivores constituent les principales mesures issues du Grenelle de l’environnement pour améliorer la performance thermique du bâtiment existant. La première est issue de la loi de finances pour 2009, la seconde de la loi «Grenelle I».

isolation-thermique-definitionCes mesures ont été concrétisées par deux conventions signées au ministère de l’environnement, jeudi 26 février, par le ministre chargé de l’environnement Jean-Louis Borloo, la ministre du logement Christine Boutin et la secrétaire d’Etat à l’écologie Chantal Jouanno.

La première convention, qui porte sur l’éco-PTZ, a été signée avec les établissements de crédit, les professionnels du bâtiment et de l’immobilier (1) et l’Ademe. «Il suffira de se présenter dans une banque avec les documents visés par les professionnels compétents», selon Ariane Obolensky, directrice générale de la Fédération bancaire française.

Disponible à partir du printemps 2009, l’éco-PTZ doit être accordé à tous les particuliers sans conditions de ressources, pour un montant maximal de 30.000 euros pendant 10 ans, extensible à 15 par la banque. Jean-Louis Borloo s’est félicité de la possibilité du cumul avec le crédit d’impôt «développement durable», sous conditions de ressources cette fois. Un cumul loin d’être évident, mais finalement inscrit après plusieurs rebondissements dans la loi de finances rectificatives pour 2009. Les 10.000 premières opérations pourront faire l’objet d’un prêt majoré de 1.500 € par logement.

La deuxième convention a été signée par les mêmes ministres et le président de l’Union sociale pour l’habitat (USH) et sénateur Thierry Repentin (PS, Savoie). L’éco-prêt logement social de 1,9%, annoncé en septembre dernier, a donc été officialisé. 1,2 milliard € sera disponible en 2009 et 2010 pour la rénovation de 100.000 logements par an en 2009 et 2010. «Je vous remettrai le reste de l’argent dans deux ans, si le bilan est positif», a prévenu Augustin de Romanet, directeur général de la Caisse des dépôts et consignations, à qui l’Etat a confié la distribution de l’éco-prêt.

Thierry Repentin s’est réjoui du dégrèvement de 25% du montant des travaux de la taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB). Cette mesure permet au logement social d’être traité à égalité avec le privé, quand il comprend une majorité de familles modestes. Selon le sénateur, sans cette mesure, les travaux de rénovation thermique du logement social n’auraient été subventionnés qu’à 10% par l’Etat, contre 20% pour le privé.

«L’action est gigantesque. Le parc de l’immobilier existant est d’une extrême diversité: le public, les 27 millions de logements privés dont 15 millions de maisons individuelles, le secteur tertiaire –plate-forme logistique, immeuble de bureaux en passant par le magasin de pied d’immeuble…», a expliqué Philippe Pelletier. L’ancien président de l’Agence nationale de l’habitat (Anah), qui pilotait le comité opérationnel du Grenelle sur la rénovation du logement existant, dirige désormais le comité stratégique du plan Bâtiment. Mis en place le 26 février, le comité de 25 membres se réunira une fois par mois pour évaluer l’évolution du chantier.

De leur côté, les entreprises du bâtiment ont assuré pouvoir répondre à une demande de travaux dont le montant est estimé à 600 milliards € pour 30 millions de logements, afin de réduire la part qu’occupe le secteur dans la consommation d’énergie (42%) et dans les émissions de gaz à effet de serre (23%) du pays.

(1) Fédération bancaire française, Association française des sociétés financières, Fédération française du bâtiment, Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment, Fédération nationale de l’immobilier, Union des syndicats de l’immobilier.