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Le plan de rénovation thermique des bâtiments officiellement lancé

Vendredi 6 mars 2009

JDLE: Deux conventions ont été signées au ministère de l’environnement, jeudi 26 février, pour officialiser le lancement du plan pour la rénovation thermique des bâtiments existants. Un comité stratégique chargé d’évaluer l’avancement du chantier a été créé.

L’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) et la rénovation thermique des 800.000 logements sociaux les plus énergivores constituent les principales mesures issues du Grenelle de l’environnement pour améliorer la performance thermique du bâtiment existant. La première est issue de la loi de finances pour 2009, la seconde de la loi «Grenelle I».

isolation-thermique-definitionCes mesures ont été concrétisées par deux conventions signées au ministère de l’environnement, jeudi 26 février, par le ministre chargé de l’environnement Jean-Louis Borloo, la ministre du logement Christine Boutin et la secrétaire d’Etat à l’écologie Chantal Jouanno.

La première convention, qui porte sur l’éco-PTZ, a été signée avec les établissements de crédit, les professionnels du bâtiment et de l’immobilier (1) et l’Ademe. «Il suffira de se présenter dans une banque avec les documents visés par les professionnels compétents», selon Ariane Obolensky, directrice générale de la Fédération bancaire française.

Disponible à partir du printemps 2009, l’éco-PTZ doit être accordé à tous les particuliers sans conditions de ressources, pour un montant maximal de 30.000 euros pendant 10 ans, extensible à 15 par la banque. Jean-Louis Borloo s’est félicité de la possibilité du cumul avec le crédit d’impôt «développement durable», sous conditions de ressources cette fois. Un cumul loin d’être évident, mais finalement inscrit après plusieurs rebondissements dans la loi de finances rectificatives pour 2009. Les 10.000 premières opérations pourront faire l’objet d’un prêt majoré de 1.500 € par logement.

La deuxième convention a été signée par les mêmes ministres et le président de l’Union sociale pour l’habitat (USH) et sénateur Thierry Repentin (PS, Savoie). L’éco-prêt logement social de 1,9%, annoncé en septembre dernier, a donc été officialisé. 1,2 milliard € sera disponible en 2009 et 2010 pour la rénovation de 100.000 logements par an en 2009 et 2010. «Je vous remettrai le reste de l’argent dans deux ans, si le bilan est positif», a prévenu Augustin de Romanet, directeur général de la Caisse des dépôts et consignations, à qui l’Etat a confié la distribution de l’éco-prêt.

Thierry Repentin s’est réjoui du dégrèvement de 25% du montant des travaux de la taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB). Cette mesure permet au logement social d’être traité à égalité avec le privé, quand il comprend une majorité de familles modestes. Selon le sénateur, sans cette mesure, les travaux de rénovation thermique du logement social n’auraient été subventionnés qu’à 10% par l’Etat, contre 20% pour le privé.

«L’action est gigantesque. Le parc de l’immobilier existant est d’une extrême diversité: le public, les 27 millions de logements privés dont 15 millions de maisons individuelles, le secteur tertiaire –plate-forme logistique, immeuble de bureaux en passant par le magasin de pied d’immeuble…», a expliqué Philippe Pelletier. L’ancien président de l’Agence nationale de l’habitat (Anah), qui pilotait le comité opérationnel du Grenelle sur la rénovation du logement existant, dirige désormais le comité stratégique du plan Bâtiment. Mis en place le 26 février, le comité de 25 membres se réunira une fois par mois pour évaluer l’évolution du chantier.

De leur côté, les entreprises du bâtiment ont assuré pouvoir répondre à une demande de travaux dont le montant est estimé à 600 milliards € pour 30 millions de logements, afin de réduire la part qu’occupe le secteur dans la consommation d’énergie (42%) et dans les émissions de gaz à effet de serre (23%) du pays.

(1) Fédération bancaire française, Association française des sociétés financières, Fédération française du bâtiment, Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment, Fédération nationale de l’immobilier, Union des syndicats de l’immobilier.

Les zones humides auront leur groupe d’étude national

Mardi 24 février 2009

JDLE : « Suite à son déplacement dans le Calvados à l’occasion de la journée mondiale des zones humides (lundi 2 février), la nouvelle secrétaire d’Etat à l’écologie, Chantal Jouanno, a annoncé la création d’un groupe national sur le sujet. Constitué sur le modèle de gouvernance à 5 du Grenelle de l’environnement (représentants de l’Etat, partenaires sociaux, organisations syndicales et patronales, associations de la société civile et collectivités territoriales), il sera chargé de présenter un bilan des dispositions de gestion durable et des propositions de mesures incitant à la préservation et à la restauration des zones humides.

Ces zones, définies comme des zones de transition entre le milieu terrestre et le milieu aquatique, et caractérisées par la présence d’eau, en surface ou dans le sol (selon l’Observatoire national des zones humides), sont des milieux de vie très riches en termes de diversité biologique, et indispensables à la survie de nombreuses espèces animales et végétales. S’il n’en existe pas d’inventaire exhaustif, la France possède de nombreuses zones de ce type, comme la Camargue ou encore la baie du mont Saint Michel pour les plus connues. Au regard de leur importance écologique, il a d’ailleurs été prévu dans le cadre du Grenelle de l’environnement l’acquisition de 20.000 hectares de zones humides par les agences de l’eau et le Conservatoire du littoral, en vue de leur valorisation. »

Valorisation des déchets organiques à Lorient au salon Terre!

Mardi 24 février 2009

Actu Environnement – 3 fev 09: « Après plusieurs années d’amélioration de son tri sélectif, l’agglomération Cap l’Orient espère faire labellisée son compost par l’écolabel européen. Produit à partir des biodéchets ménagers, ce compost est également utilisable en agriculture bio.

salon-terreÀ l’occasion de son salon « Terre ! » qui se déroulera début mars prochain, l’agglomération de Lorient met en avant sa politique de gestion de déchets. La Communauté d’Agglomération du Pays de Lorient ou CAP l’Orient regroupe 190.000 habitants répartis dans 19 communes. En 2000, l’agglomération a choisi de mettre en place une collecte sélective des emballages et des déchets organiques ménagers en porte-à-porte et une collecte sélective du verre et des journeaux-magazines en apport volontaire. L’agglomération a cherché une organisation acceptable pour les populations et surtout une alternative à l’incinération, explique Olivier Catalogne, Chef du Service Déchets Ménagers de l’agglomération.

Pour collecter un maximum de déchets, l’ensemble des 90.000 foyers de l’agglomération même les habitats collectifs, ont été équipés de « bio-seaux » à installer dans les cuisines, de sacs biodégradables et de conteneurs spécifiques pour les biodéchets. La taille des conteneurs pour les ordures résiduelles a parallèlement été réduite pour inciter au tri. La collecte a officiellement débuté en 2003 et depuis les résultats sont au rendez-vous : depuis deux ans les volumes collectés augmentent de 7 à 8% par an et nous avons récupéré en 2008, 7.000 tonnes de biodéchets soit 38 kg/hab/an, explique Olivier Catalogne. Côté qualité, l’agglomération est également satisfaite car le taux d’indésirable est faible : entre 1 et 6% du poids selon les quartiers. De plus, il n’y a pas eu un transfert trop important des déchets verts habituellement déposés en déchetterie vers les biodéchets. Les déchets de cuisine représentent 60% des biodéchets.

Une fois collectés, ces bio-déchets sont regroupés vers l’unité de traitement biologique où ils sont compostés. Les déchets restent 4 semaines environ dans les tunnels de traitement avant d’être affinés. Le substrat obtenu est ensuite déferaillé, criblé, trié avant d’être officiellement dénommé compost.

Selon les analyses, le compost de Lorient répond aux exigences qualitatives de la norme NF U 44-051 relative aux amendements organiques, norme révisée en 2006 et qui sera obligatoire le 28 février prochain pour les composts de bio-déchets. Grâce à la qualité du tri, le compost de l’agglomération répond également aux exigences de l’écolabel européen. Un dossier de labellisation est d’ailleurs en cours d’instruction. De plus, depuis 2008, le compost répond aux exigences du référentiel de l’agriculture biologique.

Aller encore plus loin en vue de limiter l’enfouissement

Le centre de traitement de Cap l’Orient est prévu pour composter 16.000 tonnes par an de déchets dans un objectif de production de 6.000 tonnes par an de compost. Pour l’instant l’unité fonctionne à moitié de ses capacités et produit 2.500 tonnes de compost par an. L’intégralité est commercialisée auprès d’une vingtaine d’agriculteurs de l’agglomération et mise à la disposition des communes pour leurs espaces verts. Mais l’agglomération ne compte pas en rester là et prévoit d’améliorer sa collecte car selon les derniers contrôles, il reste encore entre 17 et 36% de biodéchets dans les ordures résiduelles. Des industries agroalimentaires ont également pris contact avec l’agglomération afin d’envisager une prise en charge de leur déchets.

Parallèlement à la mise en place de ses collectes sélectives, l’agglomération de Lorient a fait le choix d’enfouir ses ordures résiduelles. Mais ces dernières sont préalablement stabilisées : elles subissent un pré-traitement similaire au compostage afin de réduire la part de déchets fermentescibles restante et ainsi réduire les quantités de déchets stockées. Cela permet de réduire de 30% le poids total des déchets enfouis, explique Olivier Catalogne.

Une valorisation matière que le Grenelle veut développer

Cap l’Orient fait partie des 60 collectivités françaises qui ont choisi de mettre en place un traitement de leurs déchets organiques. Regroupées au sein du Réseau Compost Plus, ces collectivités partagent leur expérience régulièrement pour encourager d’autres communes. Lorient a d’ailleurs accueilli la deuxième rencontre organisée par le réseau en octobre dernier.

Dans le cadre du Grenelle de l’environnement, ces initiatives devraient être encouragées. Le projet de loi Grenelle 1 fixe en effet des objectifs de réduction des quantités de déchets partant en incinération ou en stockage : -15% d’ici 2012. Outre la réduction de la production à la source, le détournement des déchets fermentescibles vers le compostage ou la méthanisation est un moyen d’atteindre ces objectifs. Le projet de loi prévoit ainsi d’augmenter le taux de recyclage matière et organique de 24% en 2004 à 35% en 2012 et 45% en 2015.