Archive pour le mot-clef ‘Plérin’

À Plérin, la carrière Rault est un terrain miné

Mardi 24 février 2009

Ouest France : Le 31 décembre 2008, l’autorisation préfectorale d’exploiter arrivait à échéance.Mais les désaccords persistent entre le carrier et les riverains.

La polémique

Depuis de nombreuses années, les riverains de la carrière de Persas, sur les bords du Gouët à Plérin, subissent des nuisances : tirs de mines endommageant les maisons, ballet de camions sur la route… Le Comité de sauvegarde de la Vallée du Gouët se bat depuis 30 ans contre la société Rault, estimant qu’elle prend des libertés avec la loi.

Les deux dates qui changent la donne : 31 octobre 2008, fin des tirs de mines à la suite d’un arrêté du préfet ; 31 décembre, l’autorisation d’exploiter la carrière arrive à échéance. La polémique toucherait-elle à sa fin ? Rien n’est moins sûr. Si les tirs de mines ne sont plus un problème, c’est plus compliqué pour le ramassage des cailloux.

Un petit film qui accuse

Un riverain a filmé les engins mécaniques grattant la colline, il y a moins d’une semaine : « La carrière est toujours exploitée. Les matériaux fraîchement extraits vont directement dans le concasseur pour la vente », s’agacent les opposants.

Rabotage réglementaire ?

« Je suis obligé de gratter le caillou pour qu’il n’y ait pas de risque d’éboulement par la suite. C’est réglementaire », répond Jean-Pierre Rault. « Il ne s’agit pas de nouvelles extractions mais du traitement des reliquats de cailloux, justifie la préfecture. Cette activité autorisée se terminera courant 2009. » La mairie se montre vigilante : « Nous demandons la stricte application de la loi. Si la décision préfectorale n’était pas respectée, ce serait un problème », indique Robert Pédron, adjoint.

L’avenir du site

L’exploitant doit remettre les lieux en état. Il a fait des propositions, mairie et riverains y ont apposé des observations. Le dossier est actuellement instruit par les services de l’État. Réponse au plus tard mi 2009.

À chacun ses dates

Les riverains jugent le dossier du carrier : « Il ne propose qu’un remblaiement par un dépôt de déchets inertes. Le site futur n’est pas prévu totalement végétalisé, parce qu’il veut y vendre des cailloux jusqu’en 2014. » Une échéance qui choque les opposants : « Le préfet avait assuré que la remise en état du lieu devait être réglée fin 2011. »

Négoce de cailloux ou zone naturelle ?

Le comité souhaite « une vallée naturelle, puisque classée N et NL (naturelle et littorale) au plan local d’urbanisme ». Jean-Pierre Rault fulmine : « Rien ne m’empêchera de continuer le négoce ! Ce n’est pas soumis à autorisation, mais à déclaration. Oui, avec le remblaiement il y aura encore des camions à passer ! ». La préfecture : « Le propriétaire a toute liberté pour faire évoluer son site comme il l’entend, du moment que les lieux sont remis en état. »

Une carrière ferme, une autre s’étend

La société Rault a d’autres sites d’exploitation dans le département. À Tréméven, une enquête publique est en cours afin d’étendre l’exploitation de la carrière de Coat-Men.