oct
22
2009

Algues vertes : le constat pessimiste de l’État

Dans un rapport confidentiel adressé au Premier ministre, Jean-Louis Fargeas, préfet des Côtes-d’Armor,dit toute la difficulté à endiguer les marées vertes.

Pourquoi ? Comment ? De quel document s’agit-il ?

D’une note confidentielle de onze pages envoyée le 4 septembre par Jean-Louis Fargeas, préfet des Côtes-d’Armor, au Premier ministre, au ministre de l’Intérieur et à la secrétaire d’État chargée de l’Écologie.

Quel est le contexte ?

Cette note préfectorale est écrite alors que 300 plaintes ont été déposées à l’encontre du préfet par des particuliers et associations reprochant « l’inaction » de l’État. Et ce, malgré la venue de François Fillon à Saint-Michel-en-Grèves le 20 août. Ce courrier est antérieur à la polémique née, quelques jours plus tard, autour du décès suspect d’un chauffeur ayant transporté à trois reprises des algues en décomposition.

Quels sont les mots du préfet ?

Ils étaient jusqu’ici employés par des associations de défense de l’environnement. Ils résonnent comme un aveu d’impuissance. Jean-Louis Fargeas liste toutes les conséquences de la prolifération des algues vertes sur le littoral costarmoricain. Rappelle clairement que « la putréfaction des ulves dégage de l’hydrogène sulfuré, non seulement nauséabond, mais aussi néfaste pour les espèces vivantes du milieu et pour l’homme, ainsi que de l’ammoniac ».

Quel constat tire-t-il des actions menées ?

Qu’elles ont permis « au mieux de stabiliser les taux de nitrates, sans obtenir un résultat visible de diminution du phénomène des marées vertes ». Que les cahiers des charges liés aux mesures agro-environnementales sont « assez mal adaptés à la situation bretonne ».

Le préfet entrevoit-il des solutions ?

Jean-Louis Fargeas n’en relève de concluantes que dans « l’arrêt total de l’agriculture sur le bassin-versant avec conversion totale des terres en prairies fauchées mais non fertilisées, permettant d’atteindre 10 mg/l (de nitrate) en 2020. Ce qui aurait un impact marquant sur le phénomène des algues vertes ». Il se montre fataliste : « Cette évolution (de l’agriculture) n’est pas envisageable pour le moment, le phénomène des algues vertes ne peut donc que perdurer. »

Le préfet commente-t-il cette note ?

Non. Ses seules déclarations font suite aux travaux conduits, hier en préfecture, par la mission interministérielle chargée d’un rapport sur les algues vertes. « Ces travaux, indique la préfecture, ont permis de recueillir de nombreuses propositions d’actions, émanant tant du monde associatif que des élus et de la profession agricole. [...] Il est à noter que la profession agricole a rendu publique sa volonté d’agir par des objectifs précis marquant une évolution notable et importante d’un acteur incontournable du dossier. On ne peut que réaffirmer avec fermeté que c’est par un travail concerté et collectif, évitant toute stigmatisation, que seront trouvées les solutions au phénomène des algues vertes. »
Ouest France, mercredi 21 octobre 2009, François GRÉGOIRE.

0
sept
27
2009

Manifestation contre les algues vertes dans les Côtes-d’Armor

HILLION, 27 sept 2009 (AFP) – Des riverains et des écologistes se sont rassemblés dimanche en début d’après-midi sur une plage des Côtes-d’Armor pour protester contre la prolifération d’algues vertes sur le littoral breton, a constaté une journaliste de l’AFP.

Près de 3 000 personnes au plus fort du rassemblement ont répondu à l’appel du collectif « Urgence marées vertes » pour cette manifestation organisée à Hillion, en baie de Saint-Brieuc, une des communes bretonnes les plus touchées par le fléau.

« Nous ne pouvons plus tolérer que chaque année, le littoral breton se transforme en prairies marécageuses malodorantes et dangereuses pour la santé », a déclaré Jean-François Piquot, porte-parole de l’assocation Eau et rivières de Bretagne.

La maire d’Hillion Yvette Doré, qui est également intervenue, a rappelé que « notre combat est un combat contre les algues vertes, pas contre les agriculteurs ».

L’élue a indiqué que des algues vertes étaient encore présentes sur la plage La Granville à Hillion, où se tient la manifestation, il y a une quinzaine de jours. Les algues ont été déplacées par les vents un peu plus loin, laissant la possibilité aux manifestants de se rendre sur la plage sans danger.

Longtemps contestée, la toxicité des algues a été officiellement reconnue cet été après la mort d’un cheval, intoxiqué fin juillet à Saint-Michel-en-Grève par les émanations d’hydrogène sulfuré (H2S) s’échappant des ulves (algues) en décomposition.

La bête a succombé en quelques minutes alors que son cavalier, victime d’un malaise, a pu être sauvé in extremis par un témoin.

La mort suspecte d’un salarié qui transportait des algues vertes, toujours dans les Côtes-d’Armor, a ensuite relancé le débat. Saisi début septembre sur ce décès, le procureur de Saint-Brieuc attend les résultats d’analyse.

Alors qu’un comité interministériel a commencé à plancher sur un plan d’action, le débat porte sur le moyen de lutter contre la prolifération des algues, présentes à l’état naturel mais en quantité limitée. Pour les écologistes, les rejets de l’agriculture intensive et des porcheries industrielles sont les premiers responsables.

0
sept
26
2009

Grande manifestation contre les algues vertes. Tous et Toutes sur la plage à Hillion

20090918_afficheRendez-vous dimanche 27 septembre à Hillion , à 15 heures, site de la Granville, sur la baie de Saint-Brieuc.

Vous avez sans doute vu dans la presse les récents événements (cheval mort, descente de Fillon, …) qui ont démontré une fois encore le problème que constituent les algues vertes sur les plages bretonnes.

« Halte aux Marées Vertes » et le collectif « Urgence Marées Vertes » organisent un grand rassemblement citoyen dimanche 27 septembre à Hillion (Côtes-d’Armor), là-même où des milliers de m3 d’algues vertes continuent de s’échouer chaque jour…

Vous trouverez ci-joint l’affiche et les flyers, à faire passer autour de vous ! (dans votre boulangerie, mairie, salle des fêtes, sur votre site web, votre blog, etc.)

Michel Guillemot et André Ollivro pour Halte aux Marées Vertes
Yves-Marie Le Lay pour Sauvegarde du Trégor
Thierry Dereux pour CANE / FAPEN / FNE
Denis Baulier pour A.C.A.P.
Gilles Huet pour Eau et Rivières Bretagne

pdf Manifestation Marées vertes. Hillion 27 septembre 2009. Affiche.
Source : Collectif Urgences marées vertes

pdf Manifestation Marées vertes. Hillion 27 septembre 2009. Flyers planche 4xA6 noir et blanc.

0
sept
26
2009

Algues vertes : écologistes et riverains veulent maintenir la pression

(AFP)

RENNES — Deux mois après la mort d’un cheval sur une plage des Côtes-d’Armor envahie par les algues vertes, riverains et écologistes veulent maintenir la pression.

Le collectif « Urgence marées vertes », qui regroupe plusieurs associations écologistes, organise dimanche une nouvelle action à Hillion, une des communes bretonnes les plus touchées par le fléau.

« Le but est de peser sur le gouvernement et sur les élus locaux pour qu’ils ne puissent plus mettre la tête dans le sable » en ignorant le problème sanitaire posé par les algues, explique André Ollivro, porte-parole du collectif.

La toxicité des algues a été officiellement reconnue depuis la mort d’un cheval, intoxiqué fin juillet par les émanations d’hydrogène sulfuré (H2S) s’échappant des ulves (algues) en décomposition à Saint-Michel-en-Grève.

La bête, enlisée dans la boue recouverte d’algues, avait succombé en quelques minutes alors que son cavalier, victime d’un malaise, avait pu être sauvé in extremis par un témoin.

Les inquiétudes ont été avivées par la mort suspecte d’un salarié qui transportait des algues vertes, toujours dans les Côtes-d’Armor. Saisi début septembre par un élu local, le procureur de Saint-Brieuc est toujours « en attente de résultats d’analyse », comme il l’a dit à l’AFP.

En attendant, quelque 300 plaintes pour mise en danger d’autrui ont déjà été déposées à Guingamp contre le préfet des Côtes-d’Armor. Dimanche, de nouvelles plaintes seront collectées lors du rassemblement d’Hillion.

Les habitants du littoral considèrent que les autorités auraient dû intervenir plus tôt, en arguant que la toxicité des algues est démontrée depuis longtemps.

« Nos enfants respirent ça tous les jours. On voudrait savoir si c’est dangereux pour eux et pour nous », s’inquiète Nathalie Baussan qui vit à proximité d’une plate-forme de collecte d’algues à Hillion.

Le fléau vert touche régulièrement une centaine de sites du littoral breton et les communes ont dépensé depuis 30 ans « un milliard d’euros » pour ramasser ces algues, les stocker et les éliminer, selon les écologistes.

« Nous voulons aussi faire pression sur tous les lobbies qui pèsent sur les agriculteurs », les empêchant de « changer leurs modes de production pour une agriculture plus raisonnée », martèle André Ollivro.

Selon les défenseurs de l’environnement, l’agriculture intensive et ses rejets de nitrates dans les bassins versants favorisent la prolifération des ulves, naturellement présentes sur le littoral.

Les agriculteurs se défendent cependant et accusent les phosphates échappés des stations d’épuration.

Un spécialiste de l’Ifremer les a contredits cette semaine en affirmant qu’il fallait, pour enrayer le phénomène, diminuer par cinq la teneur des eaux en nitrates issus de l’agriculture – « moins de 10 mg/l » contre 50 mg/l actuellement admis.

Les écologistes se félicitent que, depuis la mort du cheval, « les langues se délient » côté scientifique. Il a fallu attendre le 20 août pour qu’un rapport officiel reconnaisse que le H2S pouvait être « mortel » en cas de forte concentration.

Les pouvoirs publics qui ont longtemps rejeté toute responsabilité ont évolué: le Premier ministre François Fillon s’est personnellement déplacé en août sur la plage où était mort le cheval pour annoncer que le gouvernement prendrait en charge le ramassage des algues sur les plages. Il a aussi chargé un comité interministériel de préparer des mesures curatives et préventives.

Copyright © 2009 AFP. Tous droits réservés

0
sept
18
2009

Algues vertes : propositions en décembre

Préfecture, associations environnementales, agriculteurs, élus… Tous étaient réunis, hier, pour établir un plan de lutte.Trois questions à…

Quel était l’objectif de la réunion d’hier matin, en préfecture ?
C’est la déclinaison de la mission mise en place par le Premier ministre pour lutter contre les algues vertes. Cette réunion répondait à trois objectifs. Un : se mettre autour de la table. Une première. Les débats ont été vifs mais constructifs. Deux : déterminer des mesures expérimentales à Lannion et dans la baie de Saint-Brieuc. Trois : trouver des solutions innovantes pour lutter contre les algues vertes.

Quelles pistes ont été évoquées ?
Nous espérons formuler des propositions d’ici au 8 décembre, date à laquelle la mission interministérielle doit rendre son rapport. En dehors du ramassage en mer, nous allons tenter d’agir sur l’évolution des pratiques agricoles afin de limiter les nitrates. Depuis dix ans, des efforts ont déjà été faits : le taux de nitrate a diminué de 18 % dans les eaux de rivières du département. Il faut continuer.

Quel sera le budget ?
La discussion n’en est pas encore là.

Recueilli par Bruno ALVAREZ (Ouest France, 18 septembre 2009)

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sept
16
2009

Mise en place de la mission interministérielle pour proposer un plan de lutte contre les algues

Le Premier ministre François Fillon avait annoncé le 20 Août, lors de son déplacement à Saint-Michel en Grève, dans les Côtes d’Armor, accompagné de Roselyne Bachelot, ministre de la Santé et des Sports, Bruno Le Maire, ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche et Chantal Jouanno, secrétaire d’État chargée de l’Écologie, le lancement d’une mission interministérielle chargée de proposer un plan de lutte contre les algues vertes qui touchent de façon récurrente certaines côtes françaises.

Cette mission interministérielle qui mobilisera les ministères en charge de l’Environnement et du Développement durable, de l’Intérieur, de la Santé, de l’Alimentation, de l’Agriculture, et de la Pêche, est aujourd’hui mise en place. Elle est composée de :

Monsieur Philippe Quevremont, ingénieur général du génie rural, des eaux et des forêts, au titre du Conseil général de l’environnement et du développement durable ;

Madame Dominique Dalmas, inspectrice générale de l’administration, au titre de l’Inspection générale de l’administration ;

Monsieur Roland Moreau, inspecteur général des affaires sociales, au titre de l’Inspection générale des affaires sociales ;

Monsieur Vincent Frey, ingénieur général du génie rural, des eaux et des forêts, au titre du Conseil général de l’agriculture, de l’alimentation et des espaces ruraux.

Cette mission étudiera l’ampleur du phénomène des marées vertes et des risques associés, en veillant à identifier les lacunes existantes en matière de connaissances scientifiques, notamment en matière de risques sanitaires. Elle dressera également un état et fera des propositions sur les dispositifs existants de collecte et de traitement des algues vertes, en examinant notamment les filières possibles de traitement des algues. Finalement, elle aura pour mission d’évaluer et de proposer des actions en matière de prévention des marées vertes, notamment en étudiant les actions qui, dans les bassins versants concernés, permettront de réduire les rejets de nitrates dans les cours d’eau.

La mission interministérielle participera, avec le Préfet de région Bretagne, à la définition d’un programme d’action renforcé de prévention des marées vertes sur les baies de Saint Brieuc et de Lannion.

Le Premier ministre a demandé que les conclusions de cette mission lui soient rendues sous trois mois.

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sept
07
2009

Armor TV, 7 septembre 2009

20090907_armor tv

22_Armor_TV_Actualités_07_09_09
Armor TV, journal du 7 septembre 2009

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août
27
2009

Un collectif « Marées vertes urgence » créé

Un collectif « Marées vertes urgence » a été créé lundi 24 août dans les locaux de la Fédération Côtes-d’Armor Nature Environnement. « Il aura pour objectif de faire pression sur l’État pour qu’il tienne ses promesses, d’accompagner les plaintes contre l’État, d’être force de propositions, de préparer les manifestations des 26 et 27 septembre, mais aussi de rappeler qu’au-delà des plages d’Hillion et Saint-Michel-en-Grève, l’invasion des algues vertes est aussi d’ampleur régionale, malheureusement. »

Sont présents dans ce collectif : Halte aux Marées Vertes, Sauvegarde du Tregor, Vivarmor Nature, Bretagne Vivante, De la source à la mer, A.V.E.C., Terre et Mer, Eau et Rivières de Bretagne, A.C.A.P., Côtes d’Armor Nature Environnement (Ouest France 27 août 2009)

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